Avignon n'est pas seulement la ville du festival, du pont et des jeunes femmes rangées dans des camions blancs sur les parkings! C'est aussi un foyer important de la cinéphilie bis du sud-est de la France, et les organisateurs de la Deviant Zone n'y sont pas pour rien. Depuis maintenant deux ans, ces fanatiques ultra-motivés mettent en place des soirées chaleureuses, à la programmation éclectique... alors, pour l'anniversaire, l'équipe de Torso a repris la route pour voir ce qui se tramait entre les remparts.

rouge est mortAprès un premier anniversaire placé sous le signe du gore (avec notamment Zombie, L'Au-Delà ou La Colline a des Yeux projetés l'an dernier, et présentés par vos fidèles serviteurs), Colin et Damien, la paire de têtes pensantes derrière la Deviant Zone, avaient choisi d'axer leur programmation sur la comédie horrifique. La soirée commençait donc par le grand classique bien de chez nous La Cité de la Peur. Nous ne vous ferons pas l'affront de revenir sur ce film, que tout habitant de l'hexagone a dû voir, contraint ou non, une bonne douzaine de fois. Un bon point de départ pour emporter l'adhésion de la salle, avant l'extraordinaire premier long de Alex de la Iglesia Action Mutante, délire post-apocalyptique résolument anarchiste dans lequel on peut voir un handicapé volant, une victime du syndrome de Stockholm aux gros nichons, une famille de rednecks en manque, des frères siamois à demi momifiés et bien d'autres choses encore. Dans la magnifique et old school salle réquisitionnée pour l'occasion, les rires et les cris de surprise fusent: la Deviant Zone tape dans le mille avec ce choix pas évident. Il faut dire que le film fait défiler à un rythme démoniaque, dans un monde de sable et de rouille particulièrement bien rendu, ses idées délirantes. Action Mutante n'a absolument pas pris une ride...

mutante! mutante! mutante!

polanski maniant l'objet phallique

Ce qui n'est vraiment pas le cas du film suivant, le classique Le Bal des Vampires de Polanski. Avouons notre totale incapacité à adhérer à l'humour gesticulatoire et redondant de la pelloche de ce cher Roman, malgré la beauté des extérieurs enneigés. Les grimaces de Jack MacGowran, dans le rôle du vieux professeur, donnent rapidement des envies de meurtre; tout comme le constant air ahuri du réalisateur lui-même, qui incarne son jeune assistant. Chaque idée de « gag » est déclinée au moins trois ou quatre fois, ce qui permet aux spectateurs qui piquent du nez d'être bien certains de tout de même saisir la quintessence du Bal des Vampires. La nuit est déjà bien avancée lorsque nous présentons Panic sur Florida Beach de Joe Dante, petite pépite que nous avions, forcement, évoqué dans notre huitième numéro. L'occasion de redécouvrir cette tranche de nostalgie sur grand écran, et de savourer notre plaisir: tout se met toujours en place parfaitement autour de cette avant-première vraiment pas comme les autres. Dans la salle, on se surprend à lever les yeux vers le balcon, à surveiller les travées, des fois que les maitres de cérémonie aient eu l'idée de faire apparaître un Mant avignonais.

l'homme fourmi en pleine action

La soirée s'achève sur un (le?) film culte des années 2000, Shaun of the Dead, tandis que dehors le soleil se lève. Une nouvelle réussite pour la Deviant Zone, qui mériterait de grandir encore, tant ses organisateurs s'impliquent à fond pour proposer un événement vraiment pas comme les autres, saturés de cadeaux, de bonne humeur, de bandes-annonces déviantes, de courts-métrages barrés... et de grands films, bien sûr!

les spectateurs sortant de la salle

Submit to FacebookSubmit to Google PlusSubmit to TwitterSubmit to LinkedIn

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir