L’Etrange Festival XXIIIe édition, du 6 au 17 septembre 2017 au Forum des Images (Paris)

L’Etrange Festival est de retour en cette rentrée 2017 avec une belle programmation et comme c’est désormais la coutume, TORSO y sera pour découvrir ou redécouvrir les pépites qu'auront dénichés ses programmateurs souvent inspirés. En avant-goût des festivités, voici un petit tour d’horizon rapide d’une sélection une nouvelle fois pléthorique, entre avant-premières, compétition internationale, hommages et cartes blanches, il devrait y en avoir pour tous les goûts. Première impression : il y a cette année à l’étrange moins de noms connus, ce qui devrait nous assurer encore plus de découvertes, le festival nous ayant quand même bien régalé ces dernières années.

A tout seigneur, tout honneur, notons avant tout la présence en séance spéciale d’un nouveau Sono Sion, le chouchou stakhanoviste du festival qui s’est attelé à une nouvelle adaptation de manga avec Tokyo Vampire Hotel. Après un beau retour en forme l’an dernier avec Antiporno, on espère que le cinéaste japonais le plus doué de sa génération nous a pondu un nouveau festival de bruits et de couleurs. Les premières images du film sont en tout cas encourageantes et laissent même fantasmer un univers urbain décadent dans la veine de l’inoubliable Tokyo Tribe. Une chose est sûre : avec Sono Sion, tout est possible, et c’est pour ça qu’on l’aime.

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Au cœur d’une compétition internationale polyglotte, notons la présence du nouveau film de Kornél Mundruczó, dont le très beau White God avait fait partie des belles découvertes de l’édition 2014. La Lune de Jupiter s’est même payé le luxe d’une sélection en compétition officielle au dernier Festival de Cannes avec un pitch aussi mystérieux que son titre. Autre projet qui intrigue, le premier long-métrage du musicien californien Flying Lotus, figure tutélaire de la scène électronique de Los Angeles, qui nous promet une plongée fragmentée dans un monde post-apocalyptique et une oeuvre qui serait des plus extrême, subversive et gore. Evidemment ce genre de projet hybride tend à rendre un peu méfiant, mais Kuso attise inévitablement une certaine curiosité, d’autant plus quand on connait l’univers musical sombre et torturé de son réalisateur débutant.

Autre retour attendu, celui du danois Joachim Trier qui avait fait une grosse impression il y a quelques années avec Oslo, 31 août, remake inspiré du Feu Follet de Louis Malle, chef d’œuvre mélancolique que le festival avait eu la superbe idée de programmer l’an dernier. Avec Thelma, il s’attaque cette fois à l’éternel thème du fantastique adolescent, et puisqu’on nous présente le film comme étant dans la lignée de Grave et It Follows, autant dire que ça met la barre plutôt haute. Pour le reste, la compétition proposera des films d’horizons aussi variés que le Brésil (Good Manners), la Finlande (Euthanizer), les Philippines (Purgatory), la Lettonie (Firstborn) ou encore la Turquie (Housewife), tandis que la Corée propose un nouveau thriller d’action (A Day, qui a cartonné au pays du matin calme) et le que les cinématographies habituées au genre – Japon, USA, UK – sont encore bien représentées. Coté français, notons la présence du premier long-métrage de Bertrand Mandico, remarqué pour ses courts et dont Les garçons sauvages serait à mi-chemin entre Jules Vernes et William Burroughs…

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Coté section parallèles, on peut déjà vous dire que le furieux Kodoku : Meatball Machine nous avait enthousiasmé lors de sa présentation au BIFFF tandis que le thriller coréen The Villainess a valu une standing ovation à son auteur lors de sa présentation en séance de minuit au dernier Festival de Cannes. L’hommage au quinquagénaire festival de Sitges sera par ailleurs l’occasion de revoir quelques classiques du cinéma horrifique ibérique.

Enfin, comme chaque année le festival donne carte blanche à quelques personnalités adeptes de l’étrange. On pourra ainsi découvrir les œuvres favorites du duo Caro/Jeunet ainsi que de l’espagnol Jaime Balaguero (dont premiers les courts-métrages seront par ailleurs projetés dans le cadre de l’hommage à Sitges, où il fut découvert). L’Etrange Festival a également eu l’excellente idée d’inviter la bande de l'émission Mauvais Genre pour fêter vingt ans de dévouement radiophonique à ceux qui font les marges peu fréquentables du cinéma, de la littérature, des arts visuels, de la bande-dessinée… Ajoutez à cela des hommages à Alex de la Iglesia et Boris Szulinger, ainsi qu'une compétition internationale de courts-métrages et vous avez un plateau chargé des fruits les plus étrangement appétissants de la cinématographie mondiale. Bon appétit !

La programmation complète et toutes les informations pratiques sont disponilbles sur le site du festival : http://www.etrangefestival.com/2017/fr

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