« Coucou Cher(e)s Kinoïtes !

Le Kino Club s'offre un combat sur le ring de la censure en mélangeant, d'une part, l'improbable : le film militant engagé (Histoires d'A) et le cinéma horrifique de série B (Alien et ses préquelles par Ridley Scott) qui, tous deux, ont le point commun d'avoir souvent subi les foudres de la censure. Et, d'autre part, en programmant l'une de ses bêtes noires, le chef d'oeuvre Histoires d'A (1973)… Le sujet de ce dernier film étant toujours tabou, donc d'actualité, le Kino Club a décidé de prendre à bras le corps la thématique de l'avortement (ou de l'accouchement dans toute son extrémité horrifique) et de sa (dé-)dramatisation au cinéma.
 
"En 1973 la lutte pour l'avortement libre a pris une dimension nationale. Ce film a été tourné sur deux mois : Avril et Mai 73. Il part de l'action que le groupe Information Santé a mené sur l'avortement. Les témoignages recueillis ne sont pas des cas exceptionnels." (en exergue du film Histoires d'A)
 
Discrètement abordé par le cinéma traditionnel (Opération Clandestine de Blake Edwards, Qu'avez-vous fait à Solange ? de Massimo Dallamano), le cinéma horrifique ou de terreur va s'en charger… En effet, ce dernier genre s'est souvent servi de la grossesse pour explorer la question du parasite (via le Fantastique et la SF) et explorer nos peurs les plus profondes liées à la maternité et aux fruits extrêmes de notre refoulé… jusqu'à la peur de l'altérité, via la question de l'étranger ("alien" en anglais) ou de l'horreur du "même" et de l'identique/identitaire problématique qui en découle (de Body Snatchers à The ThingLe Village des damnés de Rilla à Carpenter). Il y a aussi l'extériorisation visuelle des notions de responsabilité humaine interdépendante de la mise au monde d'un nouvel être sur terre (It's Alive de Larry Cohen : paternité assumée et responsable ou le regard social d'autrui sur soi est plus important ?…) ou la simple violence extraordinaire de la naissance comparable, dans Baby Blood d'Alain Robak, à une éruption volcanique, voire même à la profanation d'une tombe égyptienne dans The Awakening de Mike Newell : s'arracher au réel ! "Naître ou ne pas naître, là est la question !" 
Le contrôle des naissances est également une aubaine idéale pour les films dystopiques de SF avec le génial Les Fils de L'homme d'Alfonso Cuaron ou le rarissime Z.P.G. de Michael Campus.
 
Histoires d'A (Charles Belmont/Marielle Issartel, 1973) traite de plein fouet de la question de l'avortement (passible de lourdes amendes et de peines de prison sous le coup de la loi de juillet 1920) et s'insurge au travers de ceux et de celles qui n'ont pas droit à la parole (immigrés, marginaux…) pour justement en parler…
 
Et devinez quoi, Marielle Issartel, la co-réalisatrice et monteuse de ce film historique sera justement présente pour en débattre et présenter cette séance unique et précieuse !

"L’enjeu est de montrer, images et témoignages à l’appui, que « l’avortement est un acte simple et sans danger quand il est pratiqué dans de bonnes conditions », que c’est la clandestinité qui l’a rendu dramatique (clandestinité sur laquelle s’appuie l’image dominante, entretenue par l’État, d’un avortement-boucherie) (…). 

Instrument de lutte en faveur de l’avortement libre et gratuit, Histoires d’A trouve donc sa place aux côtés d’autres actions d’éclat. Ainsi le manifeste des 343 femmes déclarant avoir avorté, publié en avril 1971 dans Le Nouvel Observateur, ou celui, lancé à l’initiative du GIS, des 331 médecins déclarant pratiquer des avortements et aider des femmes à avorter, publié en février 1973 dans le même journal. Si Histoires d’A évoque aussi une stratégie du « scandale », « qui consiste à afficher publiquement que l’on transgresse la loi », la demande de visa d’exploitation ne résulte pourtant pas d’une volonté de se confronter à la censure pour faire un « coup médiatique ». L’interdiction devient certes une sorte de publicité gratuite et l’impact du film se trouve décuplé par la censure car elle cristallise l’attention sur lui, mais ces effets n’ont pas été anticipés et recherchés pour eux-mêmes."

(Hélène Fleckinger, « Histoires d’A et la censure : un moment de la lutte pour la libération de l’avortement »)
 
Vous l'aurez compris, le Kino club aime bien taper contre la censure et son insupportable hypocrisie que l'on pourrait comparer à un caleçon dans cet extrait des Travailleurs de la mer de Victor Hugo : "un caleçon est une indécence; il souligne."
 
Venez donc nombreux (mais couverts)… ce dimanche 15 octobre 2017 !!!!
 
Au Shakirail,
72 rue Riquet,
75018 Paris 
Métro : Marx Dormoy (ligne 12) ou La Chapelle (ligne 2)
Ouverture des portes : 18h30 !!
Début de séance : 19h30 pétantes !!
 
Derek Woolfenden »
 
affiche Kino 68 2
 
livret KINO 68-1
 
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