Le Paris International Fantastic Film Festival est de retour pour réchauffer les amateurs de cinéma fantastique parisiens et conclure en beauté l'année festivalière. TORSO sera présent pour participer à la fête du côté des Grands Boulevards, l'occasion de retrouver quelques auteurs que l'on apprécie beaucoup (ou un peu moins), (re)découvrir une poignée de classiques et pourquoi pas se prendre quelques grosses claques inattendues... Il y aura en tout cas de la pelloche à se mettre sous la dent (et sur la rétine) pendant les six jours que durera ce PIFFF 2017 qui promet quelques gros coups de pression, une bonne tranche de cataclysmes et des hectolitres d'hémoglobine plus ou moins écarlate. Présentation rapide des forces en présence...

Projeté en séance d'ouverture, A Ghost Story continue sa tournée des festivals, au cours de laquelle il a amassé pas mal d'éloges et s'est taillé une bonne petite réputation. Les premières images du film du texan David Lowery (Les Amants du Texas) laissent en tout cas présager d'un fantastique classe et minimaliste, variation originale sur la figure traditionnelle du fantôme au drap blanc. Cette première projection de l'édition 2017 sera suivie de la présentation hors compétition du centième (!!!) long-métrage du désormais légendaire Takashi Miike, première livraison nippone d'un festival qui s'annonce particulièrement bien fourni côté cinéma japonais, ce qui n'est évidemment pas pour nous déplaire. Avec Blade of the Immortal, Miike signe l'adaptation du manga culte L'Habitant de l'infini (Hiroaki Samura), épopée vengeresse au cœur du Japon médiéval qui devrait permettre au réalisateur touche-à-tout de signer quelques morceaux de bravoure dans le style hystérique qui lui est cher. Le film a semble-t-il fait bonne impression lors de sa projection à Cannes au printemps dernier et on espère qu'il redressera un peu la trajectoire filmique d'un Miike quelque peu essouflé, qui nous avait laissé circonspect devant le navrant Terra Formars, croisé dans les festivals l'an dernier. Et puisque Takashi Miike est, vous l'aurez compris, le plus hyperactif des cinéastes japonais (et ce n'est pas la compétition qui manque), on pourra retrouver un second film portant sa griffe avec Jojo's Bizarre Adventure: Diamond is Unbreakable - Chapter 1, une autre adaptation de manga présentée hors compétition et qui s'annonce comme l'un de ces objets pop frappadingues non identifiés dont le maître japonais (auquel nous avions consacré notre premier numéro il y a bientôt 10 ans !) détient la formule.

blade miike 1

Autre auteur très apprécié de notre rédaction, et dont le retour nous réjouit particulièrement, l'inénarrable Trent Haaga revient avec 68 Kill, son deuxième long-métrage après le sympathique Chop (et aussi et peut-être surtout les scénarios brillants de Deadgirl et Cheap Thrills). Pour la première fois, Haaga signe à la fois le scénario et la réalisation de cette comédie très noire et sanglante articulée autour d'un braquage foireux. Autant dire qu'on a hâte de découvrir la dernière création sortie de l'esprit déjanté du vétéran de la Troma, figure trop méconnue dans le paysage de l'horreur indé californienne. Autre come-back, celui du très sympathique duo Alexandre Bustillo/Julien Maury (À l'intérieur, Livide), qui s'attaque à un mythe absolu de l'horreur contemporaine avec le huitième opus de la saga Massacre à la tronçonneuse. Ce Leatherface sera donc un prequel de l'insurpassable chef d'œuvre original qui nous contera la trajectoire tragique qui donna naissance au psychopathe le plus célèbre du cinéma texan. Reste à voir si le duo français parviendra à relever le niveau d'une série qui n'a plus pondu un bon film depuis la fin des années 1980.

Autre road movie qui tourne mal, Downrange signe le retour de Ryûhei Kitamura, dont on avait appris à se méfier depuis son minable Midnight Meat Train, adaptation tape-à-l'oeil d'une superbe nouvelle de Clive Barker. Cette fois, c'est un thriller en plein désert que nous annonce le cinéaste japonais exilé (le film est tourné au Québec), qui devrait ravir encore une fois les amateurs de jeu de massacre acrobatique décérébré, mais peut-être moins les autres. Reste que les premières images sont plutôt jolies. Autre japonais, Shinobu Yagushi (Waterboys) revient avec Survival Family, qu'on nous annonce de manière plutôt alléchante comme un road movie existentiel (à vélo) sur fond d'apocalypse urbaine. Et puisque cinéma japonais rime décidément souvent avec adaptation de manga, la compétition internationale proposera Ajin: Demi-Human, film à grand spectacle mélangeant gore et action réalisé par Katsuyuki Motohiro, déjà auteur du dyptique SF Parasyte.

downrange

Cette année encore, le cinéma américain sera bien représenté. Outre Trent Haaga et David Lowery, on retrouvera le duo Justin Benson/Aaron Moorehead devant et derrière la caméra de The Endless, thriller surnaturel sur fond de secte dont on se méfiera forcément un peu puisqu'on avait franchement pas aimé Spring, leur précédent long-métrage bricolé qui s'était pourtant fait remarquer dans les festivals consacrés au genre. A noter que les deux cinéastes seront présents à Paris pour présenter leur film. Plus intriguant, le retour de Joseph Khan (le très méta et très moyen Detention) avec Bodied, produit par Eminem et qui se déroule dans le milieu des battles de rap (à priori rien de surnaturel ici). Le cinéaste américain sera lui aussi présent pour accompagner son long-métrage. Par ailleurs, le zombie flick sera également à l'honneur avec Mayhem, survival bourrin de Joe Lynch déjà croisé du côté de l'étrange et qui arrive précédé d'une bonne réputation de huit-clos nerveux tartiné d'humour noir. Les nombreux cinéastes envoyés par l'Oncle Sam nous proposeront également du fantastique gothique (GOLEM, le tueur de Londres de Juan Carlos Medina, qui sera présent), de la teen comedy 2.0 acide et sanglante (Tragedy Girls de Tyler MacIntyre) ou encore de la comédie absurde bricolée (Dave Made A Maze de Bill Watterson). Tout un programme !

Côté européen, le cinéma fantastique latin sera mis à l'honneur avec l'espagnol Matar a Dios (en présence des cinéastes Caye Casas et Albert Pintó), l'italien Sicilian Ghost Story (Fabio Grassadonia et Antonio Piazza) ou encore l'intriguant Revenge, premier long-métrage de la jeune Coralie Fargeat, présenté comme une relecture féministe stylisée et ultra violente du rape & revenge portée par une bande-originale signée ROB, l'un des compositeurs français du moment (les films de Franck Khalfoun et Rebecca Zlotowski ou encore la série Le Bureau des légendes)... pour le meilleur ou bien pour le pire ? Autre film annoncé en grandes pompes, Tigers Are Not Afraid de la mexicaine Issa López, conte horrifique plébiscité par Guillermo del Toro et Stephen King, soit un beau parrainage...

tigersarenotafraid

Le PIFFF, c'est également toujours l'occasion de voir ou revoir des classiques du cinéma fantastique lors de séances forcément cultes, qui auront cette année un goût très eighties puisque seront projetés l'inclassable Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin, hommage virtuose du grand John Carpenter au cinéma populaire chinois, ainsi que Le Maître des illusions, adaptation bancale mais néanmoins pas dénuée d'intérêt par Clive Barker de sa propre nouvelle éponyme, qui met le privé Harry D'Amour (personnage récurrent de l'auteur) aux prises avec un magicien diabolique. Enfin, le festival présentera 3615 Code Père Noël, une rareté de saison devenue culte depuis le fin fond des bacs VHS et qui s'offre une seconde jeunesse à la faveur d'une copie remastérisée que le PIFFF projettera en première mondiale en présence de son réalisateur René Manzor. Séance culte, indeed.

Outre les compétitions de courts-métrages français et internationaux, et la projection du remarqué film d'animation franco-japonais Mutafukaz (adapté par l'auteur de la BD éponyme), on conclura ce tour d'horizon de la programmation du PIFFF 2017 par une séance de clôture digne de ce nom et qui mettra un point final massif à un festival décidément déterminé à faire rugir un vent nippon fracassant sur la capitale. Réalisé par deux grands noms du cinéma japonais (Hideaki Anno, l'auteur d'Evangelion épaulé par le maître des effets-spéciaux Shinji Higuchi), Shin Godzilla marque le retour du monstre géant le plus célèbre de l'histoire du cinéma nippon et débarque avec la réputation de kaiju eiga ultime, à même de refermer comme il se doit un festival qui s'annonce éclectique et survolté. De notre côté, on a déjà pris rendez-vous !

Retrouvez la programmation complète sur le site officiel du festival : http://www.pifff.fr 

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