C'est désormais une tradition de fin d'année, le Paris International Fantastic Film Festival (PIFFF pour les intimes) est de retour avec une programmation alléchante, propre à ravir les amateurs de cinéma de genre. Une belle manière de terminer l'année festivalière en compagnie de quelques yakuzas, démons, fantômes, tueurs en série, monstres, samourais, freaks, cannibals et autres métalleux assassins... tout un programme !

Dès l'ouverture, on aura droit à une bobine (ou plutôt un DCP) attendue avec Assassination Nation, film très pop présenté comme une critique acerbe et trash de l'Amérique contemporaine, entre retour du puritanisme et exhibition en ligne. Le film se paye un grand tour des festivals et ouvrira les hostilités dès le mardi 4 décembre au cinéma Max Linder, superbe écrin (et écran) dédié au PIFFF pendant une semaine.

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Cette année encore, le Japon sera à l'honneur avec une poignée de films très attendus, tous présentés hors compétition. Dès le premier soir du festival, et juste après l'ouverture, on pourra ainsi découvrir Ne Coupez Pas !, film bricolé et déjà culte qui offre une relecture novatrice du zombie flick. Le long-métrage filmé à la DV a été un carton totalement inattendu dans son pays d'origine et s'est bâtit une solide réputation au cour d'une tournée remarquée des festivals du monde entier. Autre film très attendu, The Blood of Wolves est l'adaptation du Loup d'Hiroshima de Yûki Yuzuki, roman policier qui a connu un très grand succès au Japon et qui a récemment été édité en français (aux éditions Atelier Akatombo). Cette histoire de yakuzas enragés nous étant annoncée comme la relève des films de gangsters seventies de l'immense Kinji Fukasaku, autant dire que la barre est placée très haute... Enfin, Punk Samurai Slash Down signe le retour du cinéaste culte Sogo Ishii, auteur notamment de Burst City et Le Labyrinthe des Rêves. Il adapte ici un roman de Kô Machida qui raconte l'histoire d'un ronin malhonnête dont les mensonges vont prendre une tournure inattendue et des proportions incontrôlables. Une séance qui risque d'être sacrément barrée...

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Du côté de la compétition internationale, il y en aura pour tous les goûts et pas mal de genres différents seront représentés. Le deux thrillers d'anticipation prévus avec le britannique Await Further Instructions et le suédois The Unthinkable attisent la curiosité, de même que le très mystérieux Freaks, au casting duquel on retourve Emile Hirsch et Bruce Dern. On aura par ailleurs un intérêt particulier pour Terrified, film d'horreur argentin qui viendra peut-être confirmer le renouveau du cinéma fantastique sud-américain, ainsi que Achoura, un thriller fantastique franco-marocain. Autre film qui éveille la curiosité, Piercing de Nicolas Pesce est l'adaptation américaine d'un roman de Ryu Murakami, l'incontournable auteur de Miso Soup et Audition (adapté en 1999 par Takashi Miike en un film devenu culte). Enfin, deux films français seront au programme avec le proto slasher Girls with Balls et le très intriguant Tous les Dieux du ciel.

Hors compétition, outre les films japonais précités, on aura droit à un programme éclectique avec un film de super héros indien (The Man Who Feels No Pain), un film d'horreur canadien signé Colin Minihan, une moitié du duo responsable du très sympatique et déjà plus tout récent Grave Encounters (What Keeps You Alive), une bande de métalleux nordiques meurtriers (Lords of Chaos) shootés par Jonas Akerlund, l'auteur du speedé Spun et d'une ribabmbelle de clips cultes, ou encore une chronique trash de jeunesse perdue nééerlando-flamande (We) qui se voudrait une rencontre entre Larry Clark, Gus Van Sant et Gregg Araki, rien que ça... Enfin, on découvrira avec plaisir In Fabric, dernier né du birtannique Peter Strickland qui nous avait offert les exellents Berberian Sound Studio et The Duke of Burgundy

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Côté séances cultes, le festival sera l'occasion de découvrir ou redécouvrir quelques pétites trop méconnues. Raccord avec la récente sortie du dernier épisode de la saga Halloween, le PIFFF en proposera le troisième opus mal aimé, mais dont l'estime a été revue à la hausse ces dernières années. Sorti en 1982, Halloween 3 : le sang du sorcier était une tentative de faire prendre un virage à 180 degrés à la franchise pour initier ce qui aurait pu être une anthologie fantastique, que le bide commercial du film de Tommy Lee Wallace a tuée dans l'œuf. Le bonhomme se rattrapera quelques années plus tard en signant l'adaptation télé du Ça de Stephen King, inégal mais entré dans l'imaginaire collectif des amateurs de fantastique qui l'ont découvert lors d'une de ses nombreuses rediffusion télé. Sorti la même année, mais de manière beaucoup plus confidentielle, Next of Kin nous offrira l'occasion d'explorer le territoire peu connu mais toujours passionnant du cinéma fantastique australien. Proposé en copie restaurée, le long-métrage de Tony Williams promet de beaux moments de frayeurs gothiques. Avec son casting cinq étoiles (Guy Pierce, Robert Carlyle, David Arquette), Vorace est un classique qui méritait bien d'être redécouvert. Le film d'Antonia Bird, fruit de conditions de tournage difficiles, s'est en effet taillé une solide réputation au fil des années, que le travail commmun de Michael Nyman et Damon Albarn sur la bande originale ne saurait gâcher. Enfin, le PIFFF 2018 sera également l'occasion de se perdre dans les ruelles crasseuses et mal famées de la Big Apple avec le cultissime Maniac, qui mèle le talent du réalisateur William Lustig, des interprètes Joe Spinell et Caroline Munro, ainsi que de la légende des effets spéciaux Tom Savini pour offrir l'un des films emblématiques du cinéma d'exploitation new yorkais du tout début des années 1980, en plus d'être l'un des portraits de tueur en série les plus saisissants jamais réalisés. 

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Il y aura donc de quoi se mettre sous la dent pour cette 8e édition du PIFFF, qui fait désormais partie des escales indispensables pour les amateurs de cinéma de genre parisiens. Le festival proposera également une compétition de courts métrages français, ainsi qu'une de courts métrages internationaux, en plus d'une séance interdite frappadingue dédiée au nouveau volet de la franchise initiée par à la fin des années 1980 par Charles Band : Pupper Master: The Littlest Reich, écrit par Craig Zahler (Bone Tomahawk) s'annonce comme affreux, sale, méchant et probablement assez drôle. Enfin, le festival aura le très bon goût de se clôre par l'excellent Sorry To Bother You, premier long-métrage de Boots Riley que nous avons déjà eu la chance de voir et qui allie satire politique, anticipation dystopique et fable fantastique dans un concentré à haute teneur enthousiasmante. Inventif, politique et brillant, à l'image de son auteur et du trabail qu'il mène au sein du groupe mythique The Coup, qui prépare la révolution à coup de secousse soniques depuis près de 30 ans du côté d'Oakland, ville indiscociable de la genèse des Black Panthers, des Hell's Angels et de Tupac Shakur. Porté par d'excellents comédiens, avec en tête de proue Lakeith Stanfield (Get Out et la série Atlanta) et Tessa Thompson (la série Westworld), Sorry To Bother You est d'ores et déjà en pôle position pour figurer parmis les toutes meilleures découvertes de l'année. Un film qui se paye le luxe d'être drôle, inventif, pertinent et ouvertement politique sans pour autant être moralisateur, c'est finalement assez rare. Avis aux amateurs.

Vous l'aurez compris, on vous donne rendez-vous du 4 au 9 décembre prochain du côté du cinéma Max Linder pour fêter dignement l'arrivée définitive de l'hiver et déballer quelques cadeaux avant l'heure !

Comme d'habitude, toutes les info concernant le festival sont à retrouver sur le site officiel : http://www.pifff.fr/2018/edito-fr

poster pifff 2018 

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