« Le Kino Club revient en cette fin de mois d'avril avec une programmation dense axée sur la thématique suivante : « Sorcières, putes… et puis quoi encore ! (1/2) » (versions du mal(e) féminin par et pour l’homme…)
 
La séance s'articulera surtout autour du regard que l'on porte aux prostituées, que ce soit l'homme, qui découpe en portions et parties le corps de la femme selon son désir, ou la femme qui reprend le regard de celui-ci avant d'en perdre le sien propre (I'm Gonna git you suckaGrandeur NatureJe, tu, elles). La prostituée, victime ou bourreau, échoue forcément en victime comme les nouvelles sorcières de nos temps "modernes".
On y montrera le documentaire de Nick Broomfield consacré à Aileen Wuornos (Aileen Wuornos, the selling of a serial killer), une tueuse en série américaine qui assassina sept hommes entre novembre 1989 et novembre 1990. Arrêtée, ses nombreux procès vont témoigner des béances judiciaires à son encontre et la transformer en bouc-émissaire idéal de l'Amérique puritaine. Elle fut prostituée et lesbienne avant son odyssée macabre, ce qui renforça la volonté des médias de masse à convaincre l'opinion publique et la justice à la condamner à mort en 2002 par injection létale.
 
Cette affaire criminelle est au carrefour de thématiques annexes tout aussi passionnantes : 

• la mythologie d'une "étoile est née" avec B.B. de La Vérité de Clouzot à Vie Privée de Malle par exemples (en corrélation avec Wuornos où un serial killer féminin est né et comment son image est travaillée par les médias qu'elle le veuille ou non !, ce qui rejoint le film Je veux vivre ! de Wise), 

• le lieu de la prison (Caged de John Cromwell) et du procès et  des révélations morales et sociales de ce qu'est une femme du point de vue des hommes et de son évolution au travers de leur regard hypertrophié avec B.B. ou Huppert de Violette Nozière à Une affaires de femme de Chabrol (les scènes de procès et de prison ponctuent la dramaturgie du docu de Broomfield), 

• une période historique révélatrice de la femme stigmatisée et aliénée du point de vue des hommes (Le marteau des sorcières d'Otakar Vavra...), 

• une profession taboue et complexe (les "travailleuses du sexe" avec Theresa Russell dans Whore de Russell et Impulse de Locke) qui en dit trop long sur nos sociétés (et qu'exerça Aileen Wuornos),

• une dimension anachronique géniale où la femme est moderne dans la mesure où elle anticipe souvent des temps barbares et en joue ou/et en meurt (réappropriation d'un territoire [le western et le road movie avec Thelma et LouiseButterfly KissMonster], d'un genre [voire d'une figure] avec le gangster dans The Bonnie Parker Story, d'une arme [Wuornos utilise l'arme à feu, propre aux hommes dans les statistiques meurtrières],...)

D'autres surprises à éplucher dans le programme dynamiteront cette séance, Kino Club oblige !

Kino Club

Dimanche 28 avril,

ouverture des portes : 19h00.

Début de séance : 19h30.

Au Shakirail,

72 rue Riquet,

75018 Paris,

Métro : Marx Dormoy (ligne 12), La Chapelle (ligne 2) ou Riquet (ligne 7) »

- DEREK WOOLFENDEN

affiche Kino 81

livret KINO 81-1

livret KINO 81-2 

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