Dernier rendez-vous Kino Club de la saison ce dimanche 16 juin au Shakirail, à ne pas louper !
 
« Coucou !!!
 
Le dernier Kino Club avant les grandes vacances sera envoutant ou ne sera pas !
Et pour cause, il sera donc consacré aux Sorcières !!! 
« Sorcières, putes… et puis quoi encore ! (2/2) » 
(versions du mal(e) féminin par et pour/contre l’homme…)
 
Ce ne sera pas pour autant une séance féministe et militante qui serait tout aussi passionnante, mais un voyage dans une myriade de mythologies pour une constellation d'images qui vanteront toutes l'étrangeté et les mystères féminins surtout quand ils s'attaquent à l'Homme, à son caractère obtus et sexiste, mais avec quelle panache le font-elles !

Les sortilèges de la sorcière ne seraient-ils pas le déploiement allégorique, fantastique et sans limites des armes/atouts féminins contre l'homme ? 
À force d'avoir poussé la femme au rabais et au rebut, celle-ci s'est enrichie (et endurcie) dans l'ombre des hommes, que ce soit dans la réalité du mythe (la sorcière est une sage-femme dont le savoir fut jalousé par les hommes) que ses fantasmes les plus cathartiques et purgateurs (sa magie est sans limites et ses pouvoirs ridiculisent le sexe "fort" qui en devient le sexe "faible" de toute évidence, de Blanche-Neige à L'Apprentie sorcière chez Disney ou des sorcières du Macbeth de Shakespeare (des adaptations de Welles à Kurosawa) à Ma Sorcière bien aimée et Viy !)
Et la sorcière vieillissante ou laide dans l'imagerie moderne (Jusqu'en enfer) ne serait-elle pas l'image sociale qu'elle représente aux yeux de la société bien-pensante et conservatrice d'une certaine misogynie à préserver coûte que coûte ?
 
Autant les sorcières stigmatisent toutes formes d'injustice à l'égard des femmes, autant elles libèrent l'imagination et inspirent les cinéastes dans leur mise en scène (La fille des maraisLa Llorona), leur montage (The Furies de Vorkapich), et plus particulièrement sur les effets de peur dans les films d'angoisse... que ce soit chez Polanski (Rosemary's baby), Sam Raimi (Jusqu'en enfer), Mario Bava (Le Masque du démon) ou Damiano Damiani (La Strega in amore) et ce sentiment de romantisme morbide propre au cinéma italien des années 60, le film de reconstitution historique (Eyes of fireThe Witch), le film de terreur conceptuel et expérimental (Suspiria) ou le film de found footage (Blair Witch Project), la sorcière est souvent une figure anachronique qui met à mal une société suffisamment pervertie pour "l'accueillir" et une figure grotesque mais critique, non dénuée d'un zeste de satire ou de non-sens capable d'intervertir les genres et les sexes (La Femme aux bottes rougesAdorable voisineMa femme est une sorcièreLes Sorcières d'Eastwick) !
En effet, l'imagerie  saisissante qu'elle convoque suffit à la dimension critique et politique du film qui la contient... D'Esmeralda et de La Garce à Carrie, ou d'Hedy Lamar dans A Strange Woman à Claudette Colbert dans Maid of Salem ou Joan Crawford dans Jonny Guitare : on retrouve ce personnage aux cheveux fins et longs correspondant au rejet de la communauté et à ses exécutions sommaires ! Du bûcher final au lynchage, à défaut d'une pendaison ou d'un baquet de sang déversé sur la malheureuse !
 
Le regard social excluant et environnant suffit à réactualiser son mythe (Weird WomanBrûle, sorcière, brûle ! d'après le même roman Conjure Wife de Fritz Leiber) ou à la convier même inconsciemment : Glenn Close dans Les Liaisons dangereuses de Stephen Frears, Shirley MacLaine et Audrey Hepburn dans La Rumeur de William Wyler. Voire aussi à traduire ce qui relèverait du clinique : la figure de l'hystérique de Bewitched d'Arch Oboler à The witch who came from the sea de Matt Cimber, sans oublier Veronica Cartwright dans Les Sorcières d'Eastwick de George Miller.
Ainsi, les sorcières contredisent le pouvoir "immanent" des hommes, le défient et le dépassent : Les Sorcières du bord du lac de Tonino Cervi et Los ojos azules de la muñeca rota de Carlos Aured.
 
Enfin, l'alibi des sorcières au cinéma permet de réaliser des pamphlets contre une justice régie par l'opinion publique et ses jugements hâtifs souvent expéditifs refusant le Doute pour lui préférer l'ignorance et la peur, la jalousie et la convoitise déguisées, des fois, par le zèle religieux (Jour de colèreles sorcières de salem, Maids of salemLe marteau des sorcières).
On se souviendra du martyr politique de la femme marquée par la lettre A : La lettre écarlate de Sjöström à Wim Wenders et Les Amants du Nouveau Monde de Roland Joffe...
 
D'autres surprises à éplucher dans le programme (en fichier joint) jetteront des sorts et des maléfices (ou des charmes !) à cette séance, Kino Club oblige !

Kino Club

Dimanche 16 juin,

ouverture des portes : 19h00.

Début de séance : 19h30. 

Au Shakirail, 72 rue Riquet, 75018 Paris,

Métro : Marx Dormoy (ligne 12), La Chapelle (ligne 2) ou Riquet (ligne 7) »

- DEREK WOOLFENDEN

affiche Kino 83

livret KINO 83-1

livret KINO 83-2 

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