Cette année, le Paris International Fantastic Film Festival met les petits plats dans les grands pour fêter sa 9e édition, qui se déroulera une fois encore dans l'écrin exceptionnel du Max Linder Panorama, l'une des plus belles salles parisiennes. À l'occasion de cette édition qui se tiendra du 11 au 17 décembre 2019, le festival s'offre deux jours supplémentaires qui reflètent la croissance de cet événement qui a su s'imposer au fil des ans comme l'un des rendez-vous incontournables des cinéphages parisiens désireux de faire le plein de films pour conclure l'année en beauté. Comme de coutume, TORSO enverra ses rédacteurs parisiens braver le froid du côté des grands boulevards pour explorer la programmation toujours enthousiasmante du festival et nous publierons un article consacré à l'événement pour vous faire part de nos coups de coeur, nos déceptions et nos découvertes. L'an dernier était un très beau cru, alors nous attendons cette 9e édition de pied ferme !

Dès l'ouverture, nous aurons droit à l'un des films attendus de la fin d'année fantastique avec Color Out of Space, adaptation de la célèbre nouvelle éponyme de H.P. Lovecraft, grand classique de l'horreur cosmique, par Richard Hardware Stanley avec Nicolas Cage dans le premier rôle. Capable du meilleur (Hardware) comme du pire (tout le reste depuis le désastre Island of Dr. Moreau), Richard Stanley s'attaque à un véritable monument du genre, et on espère qu'il saura y faire honneur avec l'aide d'un Nicolas Cage qu'on aimerais revoir dans la forme hystérique de Mandy. L'affiche et les premières images sont en tout cas alléchantes, espérons donc que l'ensemble tienne la route.

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Comme d'habitude, le reste de la programmation est principalement réparti en trois sections distinctes : compétition internationale (courts et longs métrages), hors compétition et séance culte. Cette dernière, toujours très appréciée, nous offrira l'occasion de revoir ou découvrir des classiques du genre. Cette année, outre les incontournables Battle Royal (jeu de massacre qui clôtura en beauté l'extraordinaire carrière de Kinji Fukasaku, avec Beat Takeshi dans l'un de ses rôles les plus marquants) et Emprise (unique incursion très réussie de l'acteur Bill Paxton dans la réalisation fantastique), ce sera l'occasion de se pencher sur le cas The Bride with the White Hair, oeuvre culte du cinéaste hongkongais Ronny Yu qui sera projettée dans une copie restaurée en 4K. L'intriguant Théâtre de Sang sera par ailleurs l'occasion de retrouver deux figures mythiques du cinéma anglais des sixties (sur lequel TORSO reviendra très bientôt de long en large...) : Diana Rigg et Vincent Price, dans un film un méconnu. Et puis, bien sûr, l'occasion de revoir le classique Rencontres du Troisième Type sur l'immense écran du Max Linder Panorama pour tous les fans du classiques de Spielberg.

Coté compétition, on retient avant tout la présence de Vise (Manriki en VO), premier long-métrage du japonais Yasuhiko Shimizu qu'on nous annonce comme un digne successeur des oeuvres les plus déjantées de Sono Sion et Shinya Tsukamoto, ce qui met tout de même la barre très haute. Réalisateur du court-métrage remarqué The Babysitter Murders, Ryan Spindell passe au long avec une anthologie morbide inspirée par des classiques comme Creepshow et Les Contes de la Crypte. The Mortuary Collection s'attaque ainsi à un format périlleux devenu un passage presque obligé pour les apprentis sorciers du cinéma d'horreur, et qui débouche souvent sur des résultats hétérogènes et mitigés. Autre premier long intriguant, The Hole in The Ground s'annonce comme un pur film de terreur mettant aux prises une mère célibataire isolée face à des événements de plus en plus flippants se déroulant au fin fond d'une campagne irlandais inhospitalière.

Toujours du côté des premiers long-métrages, Why Don't You Just Die promet un jeu de massacre sadique emballé par une mise en scène léchée du russe Kirill Sokolov, également scénariste et monteur du film. Autre projet intriguant, The Wave sera l'occasion de retrouvailles avec l'acteur Justin Long, ici aux prises avec les effets secondaires plutôt flippants d'une soirée agitée, un bad trip psychédélique annoncé et intriguant proposé par l'américain Gille Klabin, cinéaste issu de l'unviers de la pub et des clips vidéos dont c'est le premier long-métrage (décidément une tendance cette année). Enfin, entre deux comédies tournant autour de l'idée de pouvoirs surnaturels (comédie indé irlando-belge pour Extra Ordinary et ambition démesurée pour le blockbuster chinois Super Me) et deux thriller nord américains intriguants (I See You et Spiral), avec un détour par le néo ghotique italien de The Nest et sans oublier les courts-métrages français et internationaux, il y en aura pour à peu près tous les goûts et il sera intéressant de voir quels films seront plébiscités par le public.

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Hors compétition, les trois documentaires programmés sont prometteurs. Tout d'abord, Leap of Faith: William Friedkin on The Exorcist propose un long retour sur le chef d'oeuvre de l'horreur en compagnie de son auteur, qui se penche sur toutes les phases de la construction de son incontournable cathédrale de la terreur. Autre film fondateur, et autre approche, Archeologist Of The Wasteland s'attache à la personne d'Adrian Bennett, fan absolu et fondateur du Musée Mad Max à Silverton, sur les lieux du tournage du second opus de la saga de George Miller. Enfin, toujours du coté des documentaires, Phil Tippett - Mad Dreams and Monsters revient, comme son nom l'indique, sur la carrière de l'un des plus grands maîtres des effets spéciaux, responsable de certaines des créations les plus marquantes de la pop culture du 20e siècle, de Star Wars à Jurassic Park en passant par Starship Troopers et RoboCop, pour ne citer que les plus célèbres.

Côté fiction, outre l'OVNI proto Z Bullets of Justice et ses cochons mutants, la section hors compétition aura une saveur particulièrement asiatique, entre fantastique indien (le très intriguant Jallikattu, qui mettra en avant le cinéma du Sud du pays), le comics indonésien (avec son super-héros Gundala), le thriller high concept venu de Thaïlande (l'anxiogène The Pool) et enfin le retour d'un des petits génies de l'animation japonaise en la personne de Masaaki Yuasa, dont on espère que Ride Your Wave sera à la hauteur des sommets qu'étaient Mind Game et Kick-heart (que nous avions découvert au PIFFF il y a plusieurs années).

Enfin, les séances interdite et de clôture auront un goût prononcé pour la transgression, puisque la première narre les déboires tragicomiques d'un duo d'acteurs porno amateurs avec Mope, premier long-métrage de l'américain Lucas Heyne remarqué à Sundance, et que la seconde proposera la découverte du monde sado-masochiste par un jeune veuf dans l'intriguant film finlandais/letton Dogs Don't Wear Pants, troisième long-métrage de J.P. Valkeapää qui promet de réjiouir les plus sadiens d'entre-nous. Rendez-vous donc dès le mercredi 11 décembre pour un nouveau plongeon dans le fantastique, et sur le site officiel du festival pour plus d'information et la programmation complète de l'événement : http://www.pifff.fr/2019/edito-fr

TORSO y sera pour clôturer l'année cinéma, avant une entrée dans la nouvelle décénie qui sera aussi l'occasion de vous rappeler que nous sommes avant tout une revue papier, entre autres choses !

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