Note : Le festival Fantasia étant un événement strictement anglophone (dans la mesure où les films y sont présentés dans leur version originale anglaise ou sous-titrés anglais) les films cités au cours de cet article – qui souvent n’ont pas encore trouvé de distributeur français – seront systématiquement désignés par le titre sous lequel ils ont été présentés dans le cadre du festival, c’est-à-dire leur titre d’exploitation pour les pays anglophones.

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Du 8 au 28 juillet 2010 se déroulait la 14ième édition du festival Fantasia de Montréal. Situé dans la partie ouest de la métropole québécoise, cet événement d’envergure internationale se tient, à quelques exceptions près, dans les locaux de l’université anglophone Concordia, l’une des quatre principales facultés de la ville. Le festival Fantasia mérite bien sa réputation de plus gros festival de films de genre d’Amérique du nord, avec sa programmation riche de plus de 100 longs-métrages et 200 courts-métrages. Il est également célèbre pour être particulièrement orienté vers le public, et c’est avec un enthousiasme communicatif que de nombreux réalisateurs, scénaristes, acteurs et autres producteurs viennent présenter leurs films et répondre aux questions des spectateurs. Heureux détenteur d’une accréditation presse et de tous les avantages que cela confère, le représentant expatrié outre-atlantique de l’équipe de Torso s’est lancé dans un marathon cinéphilique à la mesure de son temps libre (parce qu’il faut bien aussi travailler et manger) pour revenir avec une grosse quarantaine de longs-métrages vus tout au long des trois semaines que dure le festival. Ce qui suit est un résumé non exhaustif de cet évènement, à travers l’expérience de votre serviteur et la programmation éclectique de ce festival décidément unique.

Ce qui est hautement appréciable, c’est la vision très large du concept de cinéma de genre qui est mise en avant à Fantasia. Très orienté vers le cinéma asiatique mais ouvert aux cinématographies des quatre coins du Monde, le festival nous propose des films de tous les genres, de la comédie légère à l’horreur la plus extrême, en passant par le thriller, les arts martiaux, l’action et bien sûr le fantastique.

Cette année, un gros plan était fait sur le cinéma d’horreur serbe avec la section « Subversive Serbia », du début des années 90 à nos jours, à travers la projection d’une dizaine de films et la présence des réalisateurs Mladen Djordevic (The Life And Death Of A Porno Gang) et Srdjan Spasojevic (A Serbian Film), du scénariste Aleksandar Radivojevic (A Serbian Film, Tears for Sale), du producteur Nikola Pantelic (A Serbian Film) et du critique serbe Dejan Ognjanovic (auteur du live In The Hills, The Horros : Serbian Horror Cinema). Toutes ces personnalités se joignant pour animer une conférence sur le cinéma d’horreur serbe et présentant bien sûr leurs œuvres respectives au public lors des projections de celles-ci.

Parmi les autres évènements très attendus de cette 14ième édition, on retrouvait notamment la pièce de théâtre Nevermore : An Evening With Edgar Allan Poe. Mise en scène par le légendaire Stuart Gordon, écrite par son acolyte de longue date Dennis Paoli et mettant en vedette leur fidèle collaborateur Jeffrey Combs, la pièce était présentée pour la première fois hors du sol américain où elle a connu un franc succès. Ces trois légendes étaient également là pour présenter la projection anniversaire du film qui les a fait connaître tous les trois, il y a de cela vingt-cinq ans : l’inimitable Re-Animator. Pour couronner le tout, Gordon et Paoli participaient à un master class consacré à l’adaptation des écrits de H.P. Lovecraft pour le cinéma, dont ils sont bien évidemment spécialistes, se tenant au tout nouveau Miskatonic Institute of Horror Studies du cinéma indépendant bien nommé Blue Sunshine (en hommage bien sûr à l’œuvre d’un cinéaste cher à Torso : Jeff Lieberman). On pourrait continuer longtemps l’énumération des évènements exceptionnels prévus dans le cadre du festival, mais on se contentera de citer deux soirées très spéciales. À commencer par la projection du chef d’œuvre The Devils (1971) de Ken Russell, venu recevoir un Life Achievement Award bien mérité. Une récompense honorifique que se sont également vu remettre Don Bluth et Gary Goldman, véritables légendes de l’animation dont le The Land Before Time (1988), projeté pour l’occasion, a marqué toute une génération d’enfants.

Mais concentrons nous sur la quarantaine de films que mon planning plus que chargé m’a permis de voir, rafraîchissant voyage à travers les cinématographies d’ici et d’ailleurs et ponctué de quelques très belles découvertes.

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