Cette deuxième excursion festivalière de l'année pour Torso, après les traditionnels Fantastic'arts en février, et premier Etrange Festival suivi de bout en bout, suffit à établir une différence immédiate entre les deux manifestations. Comme on l'avait pressenti en septembre dernier après avoir passé trois jours à l'Etrange, ce dernier aborde sa programmation avec une souplesse et un souci de densité permanents dont est incapable (faute de moyens, entre autres) le festival de Gérardmer.

Là où la ligne de conduite du rendez-vous vosgien lui fait préférer de stricts films de genre, le parisien présente aussi un panel de films de genre faisant le tour des festivals du monde entier mais aussi et simplement tout ce qui peut lui sembler sortir des sentiers battus, ou faire partie de ces films que l'on sait d'avance promis à une invisibilité relative ou totale en France. S'il ne faut pas faire la fine bouche avec les Fantastic'arts concernant leur tendance à piocher rapidement dans la programmation d'autres festivals (oui, certains films sont passés avant Gérardmer sur Paris, ce qui ne veut pas dire que tout le monde a pu les voir, et dans tous les cas c'est aussi le but d'un festival que de donner aux films une vie marginale en salles, puisqu'ils n'auront pas forcément les faveurs d'une sortie officielle), il faut reconnaître aux organisateurs de l'Etrange une volonté permanente de recherche et de renouvellement.Fidèles à eux-mêmes, ils présentent une vaste sélection de films du monde entier, récents ou plus anciens, attendus ou surprenants, succès annoncés ou bandes venues d'on ne sait où. Le festival ressemble ainsi de plus en plus à une version (forcément) plus resserrée du gigantesque Fantasia de Montréal. Et inutile de dire qu'en tant que sudistes très mal servis en ce qui concerne ce type d'événement, nous sommes montés sur Paris enthousiastes et caféinés. Au programme, deux films de l'un des réalisateurs les plus brillants du moment (Cold Fish et Guilty of Romance de Sono Sion), le retour de Lucky McKee (The Woman), deux des sensations annoncées du dernier festival de Cannes (Take Shelter de Jeff Nichols et Drive de Nicolas Winding Refn), l'anthologie franco-américaine réunissant Douglas Buck, Buddy Giovinazzo et Richard Stanley (The Theatre Bizarre), quelques titres en vrac que nous attendions de pied ferme (Super de James Gunn, Stake Land de Jim Mickle), ou qui intriguaient simplement (Ex-Drummer de Koen Mortier, Beyond the Black Rainbow de Panos Cosmatos).

Au final, et après un marathon d'une petite trentaine de films, des attentes auront été confirmées, d'autres infirmées, des surprises nous ont cueilli par moments, mais reste l'attendue et incontestable santé de deux metteurs en scène qui, chacun d'un côté du globe, hissent haut la bannière d'un cinéma de genre hors-normes et sublime : Sono Sion et Lucky McKee.

Retour sur l'un des événements français les plus importants chaque année en ce qui concerne le cinéma de genre ou marginal. On procèdera chronologiquement, jour par jour.

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