Si l'équipe de Torso a fait du festival de Gérardmer une étape obligée de son parcours critique, et cela chaque année, ce n'est pas un hasard : la petite ville offre une superbe opportunité d'obtenir un panorama satisfaisant de l'état du cinéma fantastique actuel. L'édition 2011 n'a pas dérogé à la règle, en nous permettant également de redécouvrir un certain nombre de grands films, dont les plus marquants de l'invité d'honneur et président du jury, Dario Argento.

Nous prenons la voiture deux jours avant le festival, histoire de pouvoir    bien prendre la température des lieux : il faut dire que, partant d'Aix-en-Provence, nous n'avons alors pas vu beaucoup de neige jusque là, mieux vaut y aller en douceur ! Après un trajet rythmé par les goûts musicaux de tout un chacun (Torso fonctionne de manière démocratique, pour le meilleur et pour le pire), nous retrouvons vite nos marques dans la petite ville, récupérons les clefs du chalet et filons immédiatement faire nos courses au petit supermarché qui jouxte la salle des inédits vidéos, un passage obligé pour tout valeureux festivalier ayant décidé de se faire toute la sélection en question ! Cyril, notre mascotte, veut acheter tout le magasin, on le retient comme on peut.

The-Troll-Hunter-Photo-One

La première soirée est un grand moment, comme chaque année, une bonne occasion pour échanger, délirer et trinquer autour d'une raclette – une manière aussi de profiter pleinement, en groupe, de l'occasion, tant la suite de la manifestation va nous laisser peu de répit pour manger et bavarder – ce sera sandwichs, sandwichs, et films, films, films, films, films !

Le lendemain, premier film, Devil (voir critique du film pour plus de détails). On en ressort mi figue, mi raisin, et remontons en marchant tranquillement vers nos pénates, uniquement éclairés par la lumière de la lune : une bonne occasion de vérifier que la montée qui mène au chalet est particulièrement périlleuse, quand la glace a décidé de prendre – il va falloir se méfier, pour la suite !

Nous aimerions tant revenir, séance par séance, sur l'ensemble du festival. Cela signifierait que nous nous souvenons de chaque détail, mais comme chaque année, happés par la frénésie du festival, par l'avalanche de films, nous nous contenterons de quelques moments marquants et d'une série de critiques individuelles, que vous pouvez retrouver sur ce site.

Terreur

La rétrospective Dario Argento est à coup sûr un sommet de cette édition, tant elle a permis à toute une génération de se rendre compte de ce qui avait pu faire de l'italien un réalisateur marquant du cinéma de genre. Le cinéma d'Argento est de ceux qui sont transcendés par le grand écran, et semblent plus qu'étriqués, étouffés sur des téléviseurs. Pour ceux, comme moi, qui croyaient connaître ses films de fond en comble, ce fut un choc. L'impression d'être vraiment passé à côté de quelque chose, pendant toutes ces années : alors que l'on croyait Argento désintéressé par la narration et obnubilé par les morceaux de bravoures cinématographiques qui ponctuent son œuvre, Phenomena ou Le Chat à 9 Queues prennent un second souffle sur grand écran, ne souffrent d'aucun ralentissement et s'avèrent même, surprise, particulièrement émotionnels !

En ce qui concerne les nouveautés, les films qui font l'unanimité, ou presque, dans l'équipe : The Troll Hunter, d'abord, pour son humour à côté de ses pompes et ses grands monstres un peu penauds (celui qui dit qu'ils ressemblent à Cyril se prend une mandale direct !). Rare Exports, ensuite, pour son mélange inédit de conte enfantin et d'ambiances délétères (Julien s'endort tout de même durant le film, mais il venait d'en aligner 4 plus une nuit blanche, le pauvre !). The Loved Ones, car l'adolescence, c'est les jeux vidéos stupides, mais c'est aussi ça ! Dans le registre de l'attaque aux tripes, Terreur se pose en grand vainqueur du festival, un film particulièrement éprouvant sur la manipulation et la phobie. Toujours dans la catégorie des inédits vidéos, Triangle dépasse son script astucieux pour offrir une vraie expérience désaxée, comme seul peut l'offrir le cinéma de genre. I saw the devil, qui sort grand vainqueur du festival, ne nous a pas pleinement convaincus, sans pour autant que cela remette en cause un bilan plus que positif. Si la densité n'était pas forcément à l'ordre du jour, la qualité de quelques perles, en revanche, rassure sur la capacité du genre à se renouveler, loin des remakes et des suites que nous servent les majors hollywoodiennes.

Triangle 2

Submit to FacebookSubmit to Google PlusSubmit to TwitterSubmit to LinkedIn

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir