A l'occasion de la sortie en dvd et en blu-ray de Meurtres en VHS (Remote Control) nous sommes allés poser quelques questions à son metteur en scène, l'attachant Jeff Lieberman, sur cette perle rare que l'on va enfin pouvoir (re)découvrir en qualité optimale. Il y a maintenant quelques années, nous avions consacré un numéro à Jeff Lieberman, réalisateur américain profondément atypique, dont chacun des films est une perle singulière, de La nuit des vers géants à Au service de Satan. La démarche de Jeff le sort une nouvelle fois des travées classiques : si un de ses films les plus rares, Meurtres en VHS ressort, c'est de manière totalement indépendante, au compte-goutte, sur un site mis en place par le réalisateur. Voyons ce que Jeff a à nous dire concernant cette étonnante sortie !

 

Bonjour Jeff, ça fait un moment ! Revenons si vous le voulez bien sur la genèse de Meurtres en VHS. Il se passe sept ans entre Survivance et ce film. Qu'avez-vous fait durant ces années ?

J'ai écrit de nombreux scénarios, à la demande des studios, des majors: Universal, Paramount, Fox, Disney... j'étais un peu partout, mais aucun des films sur lesquels j'ai travaillé durant ce temps n'a vu le jour.

Meurtres en VHS était donc, en quelques sortes, un moyen de revenir aux affaires... comment s'est passé le tournage ?

Très mal, et ce pour deux raisons. La première est toute simple: même si c'était alors le plus gros budget avec lequel on me laissait travailler, ce n'était vraiment pas assez pour pouvoir réaliser ce que j'avais en tête. La seconde est moins évidente pour le spectateur, je pense: le travail sur le film dans le film, et les personnages se voyant dans l'écran en temps réel... ces idées m'ont demandé beaucoup trop de temps, ce qui m'a fait rogner sur d'autres aspects du film.

Votre premier rôle, Kevin Dillon, est très bon dans le film. Comment s'est passé votre travail avec lui ?

Oh, de manière excellente, Kevin est un des acteurs avec lesquels il est le plus facile de travailler. En fait, ce que vous voyiez de lui à l'écran... et bien c'est Kevin. Il se joue lui-même, et dans ce registre, il est très à l'aise.

À la même époque, il joue aussi dans Le Blob de Chuck Russell. C'était son truc, ce type de cinéma ?

Non, pas particulièrement. Kevin est le type de personne qui se laisse porter par le mouvement général. Il a été casté dans plusieurs films de genre, et a décidé de s'en accommoder.

Et Deborah Goodrich ?

Oh, très bien aussi ! Très différente de Kevin, cependant, et c'est ce qui m'attirait. J'aime avoir des alchimies un peu complexe dans mes films, au niveau des caractères des acteurs. Le contraste entre la manière d'être de Kevin et celle de Deborah me semblait être un matériau de premier choix, et c'est pourquoi j'ai décidé de les faire jouer ensemble.

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L'idée du film est à la fois intelligente, et assez en avance sur son temps. Aviez-vous conscience, lors de l'écriture, du tournant que vous preniez, vers une attitude presque post-moderne envers le cinéma de genre ?

Très franchement, non. Je ne prêtais pas spécialement attention à mon rapport au genre durant l'écriture, pour une raison simple: ce type d'histoires me vient très naturellement, je n'ai pas besoin d'y réfléchir, j'y suis immergé. En revanche, je voulais faire un commentaire cinématographique sur un type spécifique de culture américaine.

Oui, les aliens essaient quand même de prendre le contrôle de notre civilisation en passant par les médias de masse !

Oui, exactement. Mais tous les films que j'ai fait contiennent, je crois, un commentaire de type social. Pour Meurtres en VHS, ce qui m'intéressait, au moins autant que les médias de masse, c'était l'idée de cette invention nouvelle, la cassette vidéo, venir directement dans toutes les maison américaines. Je trouvais cela fascinant, cet objet...

Les liens entre le film et le film dans le film sont un des moteurs de la narration de Meurtres en VHS, cela fonctionne vraiment bien. Comment avez-vous obtenu ce résultat ?

Je n'ai tourné que les scènes clefs du vieux film, les plus importantes, et j'ai consciencieusement choisi où elles devaient s'insérer dans le film. Ces scènes devaient avancer en parallèle de l'intrigue principale, tout en donnant l'impression qu'il y avait vraiment un vieux film, de 1957, s'appelant Remote Control.

Votre film était devenu lui-même très rare, il était impossible de le trouver autrement que sur... des VHS de mauvaise qualité. Pourquoi avez-vous produit le blu-ray vous-même ?

Et bien, vous venez de répondre à la question en la posant! C'était le seul de mes cinq films pour le grand écran à ne pas avoir de copie digitale. Les éléments étaient vraiment difficiles à trouver, mais j'ai eu la chance de tomber sur une copie 35mm d'excellente qualité, alors je me suis lancé, et j'ai financé moi-même la sortie d'un blu-ray et d'un dvd de premier ordre. Si la copie n'avait pas été parfaite, je ne me serais jamais lancé dans l'aventure.

Vous avez produit des bonus, pour accompagner le film ?

Oui, j'ai enregistré un commentaire audio pour le film, et il y a une galerie photographique avec une petite surprise, très drôle, tout au bout!

Pouvons-nous nous attendre à d'autres sorties du même type, dans le futur? Doctor Franken peut-être ?

Maintenant que j'ai le site internet, je ne vais pas me priver ! J'ai des choses vraiment sympas à partager... mais sûrement pas Doctor Franken !

Merci, Jeff !

jeff lieberman

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