Ceux qui nous lisent depuis longtemps commencent à le connaître. On avait découvert Marc Senter dans le génial The Lost, déjà réalisé par son compère Chris Sivertson, film longuement commanté dans nos colonnes. On l'avait croisé à nouveau dans I Know Who Killed Me (toujours de Sivertson), Wicked LakeCabin Fever 2: Spring Fever ou encore The Devil's Carnival. Après le très sombre Red, White and Blue de Simon Rumley, et en attendant de le découvrir dans l'inédit de Buddy Giovinazzo A Night of Nightmare, Marc Senter nous revient en grande forme et égal à lui-même dans le rôle de Bobby Fontaine. Dans Brawler, il joue le jeune frère tête bûrlée et irresponsable, et sa performance est autant une démonstration de talent dramatique qu'un tour de force physique. On ne le lui avait plus parlé depuis trop longtemps, ce dossier sur Brawler était donc une chance que nous ne pouvions pas laisser passer. Nouvelle rencontre avec le toujours très attachant acteur qui avait accepté de signer l'édito de notre numéro 3.

 

Dans Brawler, Chris Sivertson fait de toi un freefighter. Peux-tu nous parler de cet aspect-là de ton rôle ? A-t-il nécessité un entraînement particulier ?

Mon partenaire à l'écran et coproducteur du film a apporté l'idée originale. Je l'ai montré à Chris, et tout est parti de là. Et je me suis entraîné pour le rôle. BEAUCOUP. J'ai quand même un background en arts martiaux, puisque j'ai obtenu une ceinture noire en karaté à quatorze ans. J'avais donc des bases, ce qui m'a évidemment bien aidé. Je faisais du sport tous les jours, et la nuit j'avais des cours de kick boxing et de jiu jitsu. Tout ceci de manière intense pendant trois mois, ce qui était génial. J'adore les MMA (Mixed Martial Arts, en français « combat libre », ndt.).

Parle-nous de cette première expérience de producteur, pour un film dans lequel tu joues aussi.

Pour moi, produire me permet simplement une liberté totale et la possibilité de contrôler ma carrière et mon art. Ce poste me donne aussi l'opportunité d'aider d'autres artistes auxquels je crois, ce qui est très important pour moi. J'ai tellement d'amis incroyablement talentueux avec qui j'adore collaborer et qui ont besoin d'être créatifs constamment. Produire et jouer en même temps n'était pas facile. J'ai beaucoup appris et serai d'autant plus prêt pour les prochains projets. En tout cas c'était une expérience géniale, je suis fier de ce film et j'ai aimé la moindre minute passée à travailler dessus.

Chris Sivertson-Brawler

Comment est-ce que Chris te dirige ? A-t-il une idée précise de ce qu'il cherche, te laisse-t-il une marge de liberté ? Par ailleurs, ses méthodes de direction d'acteurs ont-elles changé au fil des ans ?

Travailler avec lui est toujours assez facile et plaisant pour moi. On est amis, donc il y a toujours un niveau de respect et de confiance qui aide au processus créatif. Il n'a absolument rien contre l'improvisation, ce qui est parfait. Je pense que les meilleures choses surgissent au moment où on les improvise. Chris est quelqu'un de passionné, qui se consacre totalement à son travail. Ce n'est pas un réalisateur qui a peur de prendre des risques, ce que j'apprécie et admire beaucoup. On a passé des moments formidables sur le plateau de chaque film qu'on a tourné ensemble.

Est-ce qu'il t'a montré des films et plus particulièrement certains acteurs dans certains rôles pour aider ta composition ?

Sur ce film, on s'est inspirés de films comme Le bagarreur de Walter Hill ou Mean Streets de Scorsese. La relation entre le personnage de De Niro et celui de Keitel dans ce dernier film a été une grande inspiration pour nos rôles.

En-dehors de cette influence, comment as-tu approché la relation entre ton personnage et celui de Nathan ? Comment avez-vous construit cette relation fraternelle ?

On travaille un peu de la même manière, on connaît tous les deux les vertus de l'entraînement et de la préparation, donc on s'est tout simplement immergés dans nos rôles, ensemble. Voilà. L'année précédant le premier jour de tournage, on a partagé notre salle de bain. Dire que ç'a été intense est un pléonasme. Chez moi, un trou dans le mur en témoigne (rires).

brawler

Les plans de Brawler ont tendance à être plus longs et plus larges que ceux de The Lost. Est-ce que tu as remarqué un changement dans ta manière de jouer, et de composer ton personnage ?

Bonne question. D'une certaine manière, oui. C'était cool d'être libre de travailler sur une scène avec rien d'autre autour de soi que l'environnement et l'autre acteur. Il y a une séquence où je suis dans la rue avec Pell James, et la caméra était à un immeuble de distance. C'est une scène très intense et au bout d'un certain temps les voisins ont commencé à sortir pour voir ce qui se passait. C'était une très chouette expérience. Pour ce type de plans, Chris s'est inspiré de Gomorra de Mateo Garrone, par exemple.

Tu joues le rôle principal du prochain film de Buddy Giovinazzo, qui a fait quelques festivals. Peux-tu nous parler de ce film ?

Je ne sais pas vraiment où en est le film, mais je peux te dire que j'aime beaucoup Buddy G et que bosser avec lui était une très bonne expérience.

Après Austin dans Red, White & Blue de Simon Rumley, la Nouvelle-Orléans est une nouvelle ville du sud des Etats-Unis dans laquelle tu tournes. En quoi est-il différent de tourner en Louisiane ?

J'adore le sud, c'est certainement mon coin préféré des Etats-Unis. Tourner à la Nouvelle Orléans était incroyable. Nathan vient de là-bas, c'est lui qui m'a fait découvrir la Big Easy (l'un des surnoms de la ville, ndt.). La culture y est très présente. Qu'il s'agisse de musique, d'architecture, de nourriture, de population... C'est vraiment une ville singulière, qui n'a pas d'équivalent aux USA.

La ville et son mode de vie sont très importants dans le film, pour le personnage de Bobby notamment. Comment as-tu cherché à insuffler l'atmosphère de cette région à ton personnage ?

Quand tout le monde allait se coucher, je mettais mon chapeau mou et déambulait dans les rues jusqu'aux premières heures du jour (rires).

Tu es impliqué dans pas mal de films indépendants, est-ce que travailler sur de plus gros projets t'intéresse ?

Bien sûr. En fait, je veux seulement travailler sur de bons films, avec des gens talentueux. Mais oui, je suis définitivement prêt pour mon interprétation du Joker.

Quelle sera la suite pour toi ?

Nathan, moi et deux autres producteurs avons récemment joint nos forces pour monter une nouvelle boîte de production appelée Rubicon Entertainment. Je suis très excité. J'ai une poignée de projets dans lesquels je jouerai aussi qui sont en développement actif, et avec cette nouvelle équipe sur les rails je suis très confiant en chacun d'entre eux, qui devraient être faits et correctement. La boîte développe d'autres projets intéressants, donc je suis aussi très content d'y être investi, et de faire en sorte qu'ils émergent un jour. La prochaine fois que tu me verras sur un écran, je porterai probablement un badge et un flingue.

Propos recueillis par Pierre Nicolas & Julien Oreste

Traduits par J.O.

Marc Senter The Lost

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