Suite du dossier consacré à Cheap thrills d'E.L. Katz avec son co-scénariste, poste qu'il partage avec le trublion ex-Troma, Trent Haaga. Laissons la parole à l'homme qui fut aussi éminent figurant du premier film de Haaga en tant que réalisateur, le chouette Chop !

 

Bonjour David. Avant tout, comment avez-vous rencontré tous ces gens avec qui vous formez désormais une sorte de groupe : Trent Haaga, Chad Ferrin... ?

J'ai rencontré Trent à notre vaisseau mère, le Columbia College Chicago. J'avais un prof qui le connaissait et qui m'a mis en contact avec lui quand je suis parti à L.A. La plupart des gens que j'ai commencé à connaître l'ont été par l'entremise de Trent. Dont Chad Ferrin, Evan (E.L.) Katz...

Evan vient du scénario mais n'a pas écrit Cheap Thrills. Trent et vous avez réalisé au moins un film... Comment s'est décidée la constitution de l'équipe du film ?

Je n'étais pas très impliqué au moment de la production. Evan et moi avons parlé du casting une poignée de fois mais en ce qui me concerne, une fois que j'ai donné mon scénario, le gros de mon travail était fait.

Etiez-vous sur le plateau pendant le tournage ?

J'y suis allé quelques fois. Discuter avec Pat (Healy, ndt.), profiter de la bouffe gratuite pour l'équipe... Mais à part ça je me disais qu'il valait mieux rester dans mon coin et laisser les autres faire leur boulot.

Vous êtes à la fois scénariste, acteur, réalisateur... Quel poste préférez-vous ?

(rires) J'ai effectivement « acté » dans des films, de là à ce que ça fasse de moi un acteur... Mais bon, chaque boulot est unique et a ses propres caractéristiques. J'adore être sur un plateau, la camaraderie qu'implique le fait de se retrouver tous ensemble à travailler sur un projet commun. D'un autre côté, c'est très cool aussi de rester callé seul dans mon appart' et de sortir une histoire.

David Chirchirillo Cheap

D'où vient l'idée de Cheap Thrills ?

D'un script que Trent avait écrit, qui s'appelait Money For Something.

Comment avez-vous procédé à sa réécriture ? Ensemble dans la même pièce, ou l'un écrivait une scène qu'il faisait lire à l'autre et vice versa ?

Même si Trent et moi sommes des amis proches, nous n'avons pas travaillé ensemble sur le script. Evan aimait le concept et la structure de Money For Something, mais il voulait un ton et une vibration différents. Il voulait que l'atmosphère de son film relève davantage de l'idée d'une soirée qui dégénère. En le lisant, je me suis dit qu'en faire une comédie noire était la seule manière d'y parvenir.

Quelles étaient vos influences ? Etaient-elles les mêmes pour Trent et pour vous ? De notre côté, on trouve qu'il y a une forte influence du Film Noir. Le type banal qui se retrouve impliqué dans une situation qui le dépasse, l'idée de destin, la femme fatale...

On a beaucoup discuté de Down Terrace de Ben Wheatley. La manière dont ce film part d'un scénario cartoonesque, presque exotique, pour le rabaisser au réel a été une grosse influence. After Hours de Scorsese, aussi. L'humour noir de jais de Jody Hill me parle aussi beaucoup.

En écrivant le film, imaginiez-vous des acteurs spécifiques ? Pat et Sara Paxton avaient déjà joué ensemble dans The Innkeepers de Ti West. Le choix de les réunir à nouveau était-il délibéré ?

J'avais une poignée d'acteurs en tête en écrivant, mais quand je vois le résultat aujourd'hui et le boulot extraordinaire des acteurs sur ce film, je me demande à quoi je pouvais bien penser !

writers

Le film est très brut, il ne nous laisse pas le temps de respirer. Cette idée était-elle prégnante dès l'écriture ou a-t-elle germé pendant le tournage ?

J'aime l'efficacité et l'économie quand j'écris un récit, c'est pour cette raison que j'aime les films qui se passent dans un seul laps de temps. Pas de place pour quoi que ce soit d'autre qu'exactement ce dont vous avez besoin.

Cheap Thrills porte un commentaire acerbe sur la crise économique et morale de la middle-class américaine. Pensez-vous que le film de genre est une bonne manière d'aborder des sujets difficiles, alors qu'Hollywood recherche aujourd'hui du divertissement avant tout ?

Si l'unique but d'un cinéaste est de divertir, je n'y vois aucun mal. Personne ne dira jamais d'un film qu'il est « trop divertissant ». Le vrai problème, c'est qu'Hollywood n'a plus aucune idée de ce qui peut l'être. De gros effets spéciaux et de l'action constante, tout ça n'est pas nécessairement divertissant. Tu as toujours besoin d'une bonne histoire, de personnages qui fonctionnent. Ce que j'aime dans les (bons) films de genre, c'est qu'ils peuvent aborder des sujets délicats tout en se montrant divertissants.

On a découvert Cheap Thrills au Marché du Film à Cannes, et maintenant il se trouve en compétition dans beaucoup de festivals à travers le monde. Vous vous attendiez à ça ?

On a eu un accueil fantastique. Je ne pourrais pas être plus ravi.

Vous sentez-vous proche d'autres réalisateurs californiens indépendants comme Lucky McKee, Chris Sivertson, Marcel Sarmiento... ?

Malheureusement je ne les connais pas personnellement, mais j'aime beaucoup leurs films.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur Dances With Werewolves, que vous avez co-écrit avec Chad Ferrin ?

Je l'ai écrit pour Chad en 2010, je crois. Un groupe de prisonniers de la guerre civile sont pourchassés par des Natifs Américains capables de changer de forme, dans la toundra glacée de l'Illinois. C'était assez badass. La dernière fois que j'en ai entendu parler, j'ai appris que le script était entre les mains de producteurs qui essayaient d'obtenir un financement. C'était il y a deux ans.

Aujourd'hui, quels sont vos projets ?

J'ai écrit un segment qu'Evan va réaliser pour ABC's Of Death 2. Ça risque d'être fun.

Cheap-Thrills-2

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