luckyBonjour Lucky. Alors, tout d'abord, une question toute simple: comment est né The Woman ?

 

J'ai rencontré Jack Ketchum au téléphone pendant la préparation de The Woods. J'étais censé réaliser Red, et étais en train d'acquérir les droits de The Lost pour Chris. Ketchum avait vu May et m'a donné un coup de fil. Il l'avait beaucoup aimé. Je crois que je l'ai rencontré en personne pendant le premier jour du tournage de The Lost, pendant lequel il traînait dans le coin et tournait son caméo. Le projet de The Woman est né du moment où j'ai demandé à Ketchum s'il connaissait des producteurs qui pourraient m'aider à monter une adaptation de sa nouvelle The Passenger. Il m'a envoyé vers Andrew Van Den Houten, qui venait de réaliser l'adaptation d'un autre de ses livres, Offspring. The Passenger ne convenait pas vraiment à Andrew, mais il m'a demandé de regarder Offspring et de me poser des questions sur une manière de poursuivre l'histoire autour du personnage de Pollyana McIntosh. J'ai alors lu le roman, dont j'ai tiré l'idée initiale d'une suite. Andrew m'a envoyé à New-York pour me montrer le film et pour que j'expose mon idée à lui et à Jack. L'idée leur a plu, et Jack et moi avons décidé d'en tirer un livre et un script que nous écririons ensemble.

Le fait que le film d'Andrew Van Den Houten soit plutôt médiocre ne t'a pas effrayé ?

Ce qui m'a plu dans ce film, c'est ce que Pollyana a fait de son personnage. Ce n'était vraiment pas un rôle facile. L'idée de réaliser une suite à ce film dépendait intégralement de sa performance dans Offspring. J'ai donc été très soulagé quand je me suis rendu compte à quel point elle jouait bien. J'ai alors su que je pouvais monter un bon film centré autour d'elle. Andrew et moi riions sur le fait qu'Offspring n'était rien d'autre qu'une audition de 80 minutes pour The Woman.

Comment s'est passé l'écriture à quatre mains avec Jack Ketchum ? Le roman et le scénario ont été écrit en même temps ?

Nous avons tracé les grandes lignes du récit ensemble, de manière assez peu détaillée. Nous avons principalement construit les personnages. Quand on sentait qu'on avait assez de matière pour cinq à dix pages, j'entreprenais l'écriture d'un premier jet pour cette partie sous forme de scénario. Je l'envoyais ensuite à Jack, et nous faisions des ajustements ensemble. Lorsqu'une partie du scénario était achevée, Ketchum l'utilisait comme base pour écrire le roman, chapitre par chapitre. Ainsi, j'ai écrit moi-même l'essentiel du scénario, et Ketchum a écrit l'essentiel du roman. Chacun a joué sur ses aptitudes, en somme. Lorsque le roman fut terminé et que j'ai réuni la plus grosse partie de mon équipe, j'ai encore réécrit le script, en m'aidant des notes laissées par Pollyana et de détails du roman que je n'avais pas encore pris en compte. The Woman s'est donc écrit par à-coups. Le scénario d'abord, puis le roman, et enfin le scénario à nouveau.

Qu'il s'agisse du film ou du roman, on perçoit une vraie alchimie entre l'univers typique de Ketchum et le tiens. A quel moment de l'écriture le style de l'un pouvait contaminer celui de l'autre ?

Pour commencer, nous partions quand même d'un univers qui avait été crée par lui, dans deux livres précédents. Nous étions aussi très inspirés par l'interprétation du personnage par Pollyana. Pendant l'écriture, ça a été essentiellement mon rôle et mon but de toucher à une série de thèmes pour lesquels Ketchum est connu, tout en incluant beaucoup du style pour lequel je suis connu moi-même. On a travaillé ensemble de manière très naturelle, aucune histoire d'égo n'est venue parasiter l'avancée de l'écriture. Personnellement, je pense que The Woman synthétise très bien l'ensemble des films que j'ai réalisé pour l'instant. Il contient des choses d'absolument tout ce que j'ai fait jusqu'ici. Des choses de May, de The Woods, de Sick Girl. Même All Cheerleaders Die a eu une influence sur ce film. Avec Ketchum, on s'est dirigés vers une figure qui lui appartient, celle de la femme attachée et torturée dans une cave, comme par exemple dans Une fille pas comme les autres. De la même manière que nous avons tenu à conserver un ton et un style proche d'une histoire située à la campagne comme pouvait l'être Red, en ajoutant à tout ça, évidemment, un personnage sociopathe tel qu'on en trouve dans The Lost. D'une certaine manière, The Woman est une sorte de best-of commun de Ketchum et de moi.

woman bad guy

Etant donné le sujet, tu n'avais pas peur de tomber dans le piège du torture-porn ?

Je savais que nous avions des personnages suffisamment solides et une histoire assez singulière pour ne pas craindre de sombrer dans ces travers. Ce genre de films est embarrassant quand tu te fiches éperdument de la personne qui torture ou de celle qui est torturée. Même quand tu n'aimes pas un personnage, tu dois au moins être fasciné par lui. Sinon, ça n'a aucun intérêt.

Le livre est sec, direct. Le film joue davantage sur les non-dits, les incertitudes.

Dans un livre, tu peux avoir accès directement à la totalité des sensations ou des pensées d'un personnage, littéralement. Dans un film, tu as d'abord ce que tu entends et ce que tu vois. J'ai donc fait très attention à ne pas dessiner de flèches explicatives aux côtés de tout ce qui se passe dans l'histoire. Je voulais avant tout que le film provoque des discussions, plutôt que de matraquer le public avec une pile d'informations indéniables. Pour synthétiser, je dirais une chose : le livre constitue la version de notre histoire par Ketchum, et le film constitue ma vision de notre histoire. Le récit appartient donc à lui comme à moi, mais il est évident que chacun s'est penché davantage sur le média qu'il a l'habitude d'utiliser.

La lumière de The Woman est très particulière. Je la trouve toujours très fidèle à ce que tu m'a dit un jour à propos de May et The Woods, le fait que tu préfères construire tes images sur un fond noir plutôt que de les noyer dans la lumière. C'est toujours le cas ici, et même plus, puisque certains plans sont extrêmement sombres. J'ai vu ton film sur différents supports, mais selon la copie que détenaient tel ou tel festival, certains plans étaient carrément illisibles. Sur l'écran titre par exemple, impossible de distinguer la Femme en position fœtale. A Gérardmer, on ne pouvait voir qu'un écran noir, avec le titre.

Oui, tu soulèves plusieurs choses. On a effectivement eu des problèmes de copies dans de nombreux festivals. L'image était parfois, comme tu le dis, beaucoup trop sombre. C'est malheureusement le grand défaut des projections numériques par rapport au 35mm.

Mais le film est tourné en HD.

Oui, mais l'image que l'on obtenait au tournage était quand même bien plus belle, au niveau de la colorimétrie. Le rendu aurait été meilleur si on avait tiré des copies 35mm pour projeter le film en festivals. Il est encore trop tôt pour assurer obligatoirement des projections numériques de bonne qualité.

la woman pas contenteA Gérardmer on n'a pu voir le film qu'en Blu-Ray !

Je sais, ça ressemble pas mal à du foutage de gueule. Mais bon, pour revenir à la lumière du film, je voudrais commencer par dire que j'avais un excellent chef opérateur, Alex Vendler, que je connais depuis des années mais avec qui je n'avais jamais eu l'occasion de travailler sur un projet de cette ampleur. Il fait partie de mon groupe d'amis techniciens incluant Steve Yedlin (May) et Jaron Presant (Red). Ces types connaissent très bien tous les trucs concernant le filmage digital et réussissent à l'utiliser en optimisant les possibilités du numérique jusqu'à obtenir un rendu meilleur qu'en 35mm. Ils savent parfaitement comment jouer avec leurs outils pour vraiment tirer du film de ces images numériques. Ils ont construit leurs propres systèmes d'éclairage pour obtenir tel ou tel effet. L'un des challenges principaux sur The Woman a été de réaliser un film d'horreur dont les pires scènes se passent essentiellement à la lumière du jour, tout en obtenant une atmosphère et une ambiance très sombres. Comme je te l'ai déjà dit, je pense que la plupart des films sont trop éclairés. Alex a un très bon œil et nous avons essayé de pousser cette idée aussi loin que nous le pouvions.

Il y a d'ailleurs une vraie progression à ce niveau-là tout au long du film. Nous passons de plans très sombres, à l'intérieur de la cave, au plein air de la cour des Cleek.

L'idée était effectivement de créer une série de contrastes forts, pour accentuer les effets choc. On joue pas mal avec la lumière et l'obscurité pendant tout le carnage final. On passe de la lumière du jour qui s'infiltre dans la maison, à une lumière plus discrète dans la grange, à la lumière aveuglante de l'extérieur de la grange, à la cave très sombre dans laquelle seulement de faibles rayons lumineux percent. D'une part, tout ça permet au spectateur de se repérer instantanément dans les différents lieux du film. D'autre part, les jeux de contraste entre lumière et obscurité jouent des tours au regard. Le spectateur peut ainsi voir des choses qui n'existent pas vraiment.

J'aime beaucoup, au début du film, le plan très sombre où la Femme entre dans la grange, et du noir émerge progressivement son visage, dont on ne distingue essentiellement que les yeux immenses.

Oui, c'est typiquement le genre de plans où nous avons baissé la lumière au maximum. Nous voulions qu'il soit extrêmement sombre, et qu'au fur et à mesure que son visage s'approche de nous, la première chose qui se distingue de sa silhouette soient ses yeux. L'éclairage joue un rôle indéniable dans cet effet, mais le maquillage noir sur le visage de l'actrice, qui fait office de saletés, a été très important aussi. Ce maquillage joue d'ailleurs un rôle important pendant tout le film. L'une des raisons pour lesquelles ses yeux ressortent tellement provient essentiellement d'un vieux truc du cinéma muet. Les acteurs avaient systématiquement du maquillage noir autour de leurs yeux, qui faisaient bien ressortir leur regard, et le rendaient plus expressif. C'est un effet élémentaire, puisqu'en observant un cadre essentiellement noir, les yeux du spectateur se jetteront automatiquement sur ce qui est le plus clair dans le cadre, en l'occurrence les yeux de l'actrice. J'aime bien le fait que pendant une bonne partie du film, la Femme se mélange avec la saleté et la crasse qui l'environne.

La musique a toujours joué un rôle très important dans tes films. C'est encore plus évident dans celui-là, puisque de nombreuses séquences sont intégralement articulées autour d'une chanson.

Au moment où je travaillais sur la pré-production, j'arrivais à un point où je ne supportais plus la plupart des scores que j'entendais dans les films en général, et les films d'horreur en particulier. C'est facile de balancer un bruit sourd et fracassant au moment opportun pour faire sursauter le spectateur, ou d'utiliser ces cordes post-Psychose qu'on entend partout, mais ça en devient trop facile. Lorsque j'entends ça je sors instantanément du film, parce que je ne me peux pas m'empêcher de me dire que sans cet enrobage, la plupart de ces films serait d'un ennui mortel. Le challenge sur The Woman a donc été de partir sur la base d'un petit paquet de chansons. Uniquement des chansons. Et de monter le film avec les chansons, plutôt que de coller de la musique sur des images déjà montées. La plupart des chansons ont été enregistrées par Sean Spillane pendant le tournage. Mais chaque séquence a été montée en prenant en compte la musique, jamais l'inverse. Au bout du compte, The Woman n'est pas un film très narratif. Les chansons rock que l'on entend, leur atmosphère et leurs paroles, aident à accompagner l'intériorité des personnages, ce qu'ils ressentent ou ce qu'ils pensent.

Tu n'avais pas un peu peur qu'on te reproche une esthétique trop proche du clip ?

Les films sont un montage d'images et de sons. Non, je n'avais pas peur de ça. Le cinéma raconte des histoires. Et ça fait de nombreuses années que des réalisateurs utilisent la musique de cette manière dans leurs film. De Scorsese à Zach Snyder en passant par Tarantino ou Paul Thomas Anderson, de nombreux réalisateurs font des films de cette manière.

Certains leurs font d'ailleurs le même reproche.

J'ai essayé, à ma façon, de faire un film comme les Américains en font depuis le Nouvel Hollywood. Et je pense que ce qui me distingue de tous ces cinéastes que je viens de citer, c'est de n'avoir utilisé que des chansons écrites pour le film. Il n'y a pas de chansons pop connues de tous, uniquement des morceaux qui sont nés uniquement pour le film. Cette manière de faire est plus proche de procédés employés par Lynch, par exemple.

Ou, pour aller plus loin, par la comédie musicale.

Absolument. Et la musique apparaît souvent en contrepoint avec les images, ce qui me vient directement de Kubrick.

Je trouve Sean Bridgers parfait dans le rôle de Christopher Cleek. Ce personnage était-il déjà, au moment où vous écriviez The Woman, doté d'un physique ordinaire, le faisant ressembler à l'Américain type, portant en lui l'idée de folie cachée sous le masque de l'ordinaire, sous l'apparence du voisin ?

Oui, ce personnage nous a été inspiré la figure classique du méchant Hitchcockien. En particulier Joseph Cotten dans L'ombre d'un doute. C'était notre intention dès le départ que l'acteur joue que l'on choisirait jouerait le rôle de Chris de manière très simple, lui donnant un air ordinaire, et même charmeur, distancié. Et Sean a très bien compris ça. On a découvert qu'une grande partie de l'humour noir contenue dans le film provient de ce décalage, et je trouve que ça le sert énormément. Imagine ce personnage se baladant tout le long du film avec une expression démoniaque ! C'aurait été terriblement ennuyeux.

Oui, et ce décalage fonctionne en grande partie durant les séquences où on le voit se comporter avec des personnes qui ne sont pas des membres de sa famille. En particulier sa secrétaire. Les séquences où on le voit dans son bureau sont terribles, parce que nous sommes totalement de son côté, nous rions à ses blagues, nous pouvons être charmés de la même manière que sa secrétaire. Ces séquences permettent de cerner le pouvoir qu'il peut avoir sur les gens, jusqu'à la séquence qui fait basculer cet état des choses : celle où il essaie, sous les yeux de sa famille, de charmer Geneviève Raton, la prof de sa fille. Ici, nous le voyons clairement à travers les yeux de l'ensemble des personnes qui l'entourent, qui le considèrent comme fou. C'est d'ailleurs au moment où son charisme n'opère plus sur les personnes visées qu'il dérape totalement.

Je suis d'accord, et je suis très content lorsque je vois le public se montrer très réceptif pendant ces séquences avec la secrétaire, qui sont effectivement assez perturbantes en même temps. Ces scènes interviennent après le montage-séquence, qui est l'une des parties du film dont je suis le plus fier. Le moment où toute sa famille est au courant de ce qui se passe exactement entre Chris et la Femme, et qu'ils continuent quand même leur existence comme si de rien n'était, vivant une journée totalement normale. Les enfants vont à l'école, l'épouse et Darlin' vont faire des courses au supermarché, le père est parti travailler... et personne ne dit ou ne fait quoi que ce soit. J'aime bien la tension et la frustration que cette séquence crée.

woman vraiment venerePeux-tu nous parler de l'enfant-chien, qui apparaît à la fin du film ?

Ce personnage a deux fonctions majeures : premièrement, il crée un élément de surprise alors que le public, à ce point de l'histoire, croit tout savoir. Deuxièmement, il explique pourquoi la famille agit de manière si apathique depuis le début du film, comme si la séquestration de la Femme dans la cave était un événement fâcheux, terrible, mais pas particulièrement étonnant. L'arrivée de l'enfant-chien explique que tous les personnages qui gravitent autour du père vivent ce genre de choses depuis le début de leur existence avec lui.

Son surgissement dans le film m'a rappelé le récent The Loved Ones, de l'Australien Sean Byrne. Tu l'as vu ?

Non. Mes influences pour ce personnage sont à chercher du côté de L'enfant sauvage ou d'une série d'histoires vraies sur lesquelles je suis tombé en faisant mes recherches pendant l'écriture du film. J'ai par exemple trouvé un documentaire sur une fille qui a grandi comme si elle était un chien. Ses parents étaient alcooliques et ils ont simplement décidé de laisser leurs chiens élever leur fille. Elle a donc grandi en courant à quatre pattes, en aboyant etc. Ca m'a profondément perturbé, et j'ai trouvé que cette idée correspondait bien à The Woman.

L'enfant-chien est donc obligatoirement, pour toi, l'enfant des Cleek abandonné ? Il pourrait très bien être un enfant trouvé sur lequel Chris fait des expériences.

Pour moi oui, c'est définitivement leur enfant. Elle est née sans yeux et Chris a décidé de laisser les chiens l'élever. C'est un autre de ses « projets de famille ». Le reste de l'équipe et moi l'appelions Socket.

Il y a quelques années tu me disais à propos de The Woods que tu regrettais un peu de n'avoir pas osé montrer un peu de nudité. J'y ai repensé pendant les scènes de torture de la Femme, où tu te montres à nouveau très pudique. Lorsque Chris la viole, on ne voit que des visages. Lorsque Brian la torture, on ne voit jamais les deux personnages dans le même plan, seulement l'action, puis la réaction.

Comme tu le suggères, la scène de viol est articulée autour du point de vue de chaque personnage. Ce que voit la Femme, ce que voit celui qui la viole, puis ce que voit l'enfant qui observe la scène. J'ai fait très attention à ne pas érotiser la situation, parce que je suis persuadé que la puissance de cette situation en aurait été amoindrie. Ce qui m'intéressait dans cette séquence c'est de montrer que le point de vue le plus inconfortable est celui du violeur. Le viol ne signifie pas grand chose pour la Femme. Alors que pour Chris et son fils, c'est une manière d'asseoir leur pouvoir. Cette idée de prendre ce que tu veux, comme un homme, et en tant qu'homme. Lorsque Brian torture la Femme, je n'ai pas trouvé nécessaire de le montrer, et je pense que j'ai bien fait puisque ça laisse au spectateur tout le loisir d'imaginer le pire. D'imaginer bien pire que tout ce que j'aurais pu montrer frontalement. Son cerveau peut remplir les trous entre toutes ces coupes qui convoquent Psychose. De plus, je n'aurais pas pu filmer une séquence trop violente avec un enfant de douze ans. C'est aussi pour ça que j'ai véritablement crée cette scène au montage. Mais par dessus tout, je n'ai pas voulu exciter les gens avec ces scènes. Je voulais les effrayer. De trop nombreux films d'horreur basculent du mauvais côté de la corde à ce niveau-là.

D'ailleurs, je repense à ce que tu m'expliquais sur tes goûts en matière de film de genre, lorsque tu me disais que tu préférais le fantastique à l'horreur pure et dure. Avec The Woman, on se trouve complètement dans un film d'horreur.

C'est vrai, mais dans l'ensemble l'histoire est de nature fantastique. Le personnage de la Femme pourrait sortir d'un conte de fées. Et en même temps, elle renvoie à notre animalité. Elle incarne ce que nous étions autrefois, des êtres purement préoccupés à survivre. Mais c'est vrai que c'est un film très violent. Cet aspect-là de The Woman provient sans doute de l'état émotionnel dans lequel j'étais au moment de son écriture. J'avais eu tellement de problèmes à terminer un long-métrage dont je sois satisfait à Hollywood que, d'une certaine manière, je voulais réaliser un film qui crierait « fuck you. Voilà où se situe l'horreur. C'est toi et moi. C'est ton voisin. C'est les gamins avec qui les tiens vont à l'école. » Enfin voilà, ce que tu peux retenir pour l'essentiel, c'est que The Woman est mon « fuck you » movie (rires). Enfin plus sérieusement, je crois que je voulais faire un film qui marquerait les esprits. J'adore des choses comme Les chiens de paille, Orange mécanique, Massacre à la tronçonneuse. The Woman est mon humble version de tous ces films, ou de l'impact qu'ils ont pu exercer. Quelque chose qui remue les gens et suscite des débats après une projection.

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