Big Bad Wolves (Israël – 2013)

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Il y a trois ans, Rabies constituait une sorte d'événement, puisqu'il était le premier long-métrage d'horreur israélien. En lui-même, le film faisait nettement moins figure d'événement. Croisement entre comédie et survival, cette histoire de réactions en chaînes absurdes et meurtrières trainait lourdement la patte, peinant à susciter aussi bien le rire que l'effroi, et baignant plus généralement dans une autosatisfaction agaçante.

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Big Bad Wolves est donc le deuxième essai de Aharon Kkeshales et Navot Papushado, et semble a priori partir sur des terres plus directement noires : un enseignant religieux se fait passer à tabac par la police qui le soupçonne fortement d'avoir violé et tué une petite fille. Faute de preuves et d'aveu de la part de l'intéressé, ils sont bien obligés de le libérer. L'un d'entre eux part à sa chasse personnellement, et le père de la fillette en fera de même. De ce sujet potentiellement plombant, les réalisateurs reprennent leurs petites habitudes et font glisser régulièrement leur film sur le terrain de la comédie. La deuxième moitié se passera essentiellement dans une maison, où les trois protagonistes se livreront à une longue séance de torture, mi-cruelle mi-rigolarde. On nage alors en compagnie de frères Coen mal dégrossis, qui n'auraient pas compris l'idée de distance dans l'humour noir, ni la notion de dosage. Ils rient de tout n'importe comment (du tabassage abusif d'un présumé coupable, de la bavure policière, etc.) avec comme seule règle le contraste tonal. On passe ainsi d'un plan de torture éprouvant à un gag idiot du genre « le téléphone sonne, interrompant la torture pour la reporter à un peu plus tard ». Ledit gag étant répété trois fois en dix minutes. Le problème principal, c'est qu'au final le film dénonce tout le monde et personne, sans même créer un univers totalement noir et malade (ce que parvient mieux à rendre Ugly d'Anurag Kashyap).

La farce macabre est désamorcée par de fréquentes tentatives d'identification nauséeuse (finalement, le flic brutal apparaît souvent comme celui qui a raison, dont les actes sont justifiés, dont les blagues horribles servent l'humour général du film), et finit par refuser toute réflexion d'aucune sorte, le scénario croulant clairement sous des problèmes moraux sur lesquels les auteurs du film n'arrivent pas vraiment à réfléchir. Le twist final, téléphoné et sans aucun intérêt, est une dernière preuve – s'il en était besoin – que Big Bad Wolves n'allait nulle part et ne nous racontait pas grand-chose.

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Commentaires   

 
#1 TANK 28-04-2014 17:00
Tout à fait d'accord avec vous. Triste film et triste Tarantino de le qualifier de "meilleur film de l'année"... J'avais préféré Rabies, avec lequel je serais moins sévère que vous.
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