Curtain (USA - 2015)

Réalisation : Jaron Henrie-McCrea

Scénario : Jaron Henrie-McCrea, Carys Edwards

Interprétation : Danni Smith, , Martin Monahan | voir le reste du casting

 

Une jeune infirmière vient de larguer son boulot et tente d'attirer l'attention d'impassibles passants pour une association de lutte contre les violences faites aux baleines. Surtout, elle emménage dans un nouvel appartement, à la curieuse particularité : le mur de sa salle de bain aspire systématiquement son rideau de douche. Ce qui est un peu embêtant, quand c'est la cinquième fois que ça arrive...

Le postulat est sympathique puisqu'il s'ancre dans l'essai surréaliste d'un monde post-Hitchcockien, un univers vide dont la disparition du rideau de douche annule instantanément toute possibilité d'événement. Et Curtain se montre plutôt à l'aise dans un registre de comédie du vide existentiel. La promesse d'une entrée dans un monde beaucoup moins vide mais plus terrible est alléchante, mais laisse le film dans un entre deux un peu embarrassant : au lieu de nous faire basculer dans une abstraction infernale née du bug cosmique de ce motif horrifique qui ne cesse de disparaître pour générer de l'angoisse, Curtain cherche dans le développement de son récit une planche de salut qui lui permettra finalement de se reposer sur un cheminement classique (invocation du démon, lutte contre lui...). Toute sa bizarrerie, toute sa singularité est alors brimée par la peur d'en faire trop, d'être trop étrange.

Ce qui donne au final un film séduisant par son originalité et sa précision comique (les personnages sont brossés à la ligne claire, leurs relations se dessinent avec minimalisme et efficacité), alléchant lorsqu'il fait espérer un glissement dans l'horreur grotesque (on devine Clive Barker et Frank Henenlotter assez haut placés dans le panthéon personnel du cinéaste) mais finalement trop incertain et pas assez courageux. Le gouffre méta (physique, filmique) ouvert par la disparition répétée d'un objet à la fois ordinaire et sacralisé par son aura cinéphilique ne s'ouvrira jamais assez grand, et rien de très marquant n'en sortira.

galerie3

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