Voici donc un nouveau numéro, le sixième; en dehors du hors-série sur Paul Schrader, qui s'impose mine de rien comme l'ouvrage de référence sur le réalisateur et scénariste américain. En plus, comme d'habitude avec la petite revue au format italien, les apparences sont aussi aguicheuses que peu trompeuses: derrière l'assez superbe couverture, une belle collection d'articles aux approches originales.

On continue entre autres la plongée dans le monde victorien amorcé dans le numéro précédent, pour y croiser des bobbies plus ou moins efficaces, des prostituées entreprenantes, un peuple amateur de rencontres alcoolisées (si l'on en croit l'auteur, qui nous le suspectons ne participe lui pas assez aux apéros organisés près de chez lui, puisqu'il s'agit aussi du rédac chef de la chose. Ou alors il se dédouble)... bref, un bien beau monde que l'on retrouve dans From Hell des frères Hughes ou Meurtre par décret, la belle adaptation de Conan Doyle par le grand Bob Clark (oui oui, celui de Porky's mais aussi et surtout de Black Christmas et Dead of Night).

On fait aussi un tour parmi les diverses adaptations cinématographiques du Petit Chaperon Rouge, l'auteur nous invitant à une réflexion sur les changements de signification qu'engendrent les variations proposées de films en films. Un bel article, même pour un béotien comme moi qui doit bien avouer n'avoir vu AUCUN film évoqué dans le texte. Ce qui permet cependant de fantasmer un peu, les captures d'écran accompagnant l'article aidant bien.

On apprécie encore la rubrique « Improbables séquelles » qui nous propose comme d'habitude une belle lecture d'un film un brin caché dans l'ombre de son illustre ainé, cette fois La Revanche de Freddy de Jack Sholder, la première suite des Griffes de la Nuit de Wes Craven dans laquelle les scénaristes et le réalisateur s'en donnent à cœur joie pour créer une ambiance très... queer. Et tout ça, avant David DeCoteau ou Jeepers Creepers (dont la bestiole, d'ailleurs, s'inspire pas mal du vilain Freddy, auquel on aurait greffé une paire d'ailes de chauve-souris).

Tout ça c'est bien beau mais... mais quoi? Les autres articles sont du même niveau! Nous vous conseillons donc vivement la lecture de ce bien bel ouvrage, qui se termine comme toujours par une visite du musée imaginaire du cinéma, avec cette fois la salle consacrée aux figures anthropomorphes inanimées – les poupées, quoi, dont l'accumulation en ces pages pose une question d'importance: pourquoi les poupées flippantes sont-elles toutes rousses?

Pour plus d'infos, nous vous conseillons d'aller faire un tour sur le blog de Peeping Tom.

couverture peeping tom 6

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